Critique
Même si cela n’éclaire pas de façon particulièrement expressive le panorama, précisons que Thomas Dybdahl reste l’un des plus célèbres chanteurs norvégiens, et à coup sûr le plus créatif. Et que, juste avant de le classer dans la catégorie fourre-tout des auteurs-compositeurs-interprètes, il est bon de rappeler que le jeune homme s’est compromis (c’est-à-dire a élargi son registre) aux côtés de Jaga Jazzist (grands héritiers de Frank Zappa au royaume des grands froids), et a, à plusieurs reprises, prêté sa voix aux Britanniques, adeptes du trip hop, de Morcheeba.
Cet album éponyme constitue, en compilation raisonnée, un guide introductif tempéré aux quatre premiers enregistrements du chanteur : That Great October Sound (2002), présent avec quatre sélections, les deux mélodies de Stray Dogs (2003), deux partitions empruntées à One Day You’ll Dance For Me, New York City (2004), et trois à Science (2006). Outre la voix, et l’inspiration, le fil conducteur notable de ces efforts, étalés sur plusieurs années reste la présence de l’ingénieur du son Scott Hull, ainsi que le lieu unique des sessions (New York). Il est néanmoins troublant de constater que, chantre émérite de la mélancolie de vivre, le Norvégien a, semble t’il au fil du temps, appris à ne pas uniquement considérer les ténèbres de l’existence.
Désormais, son chant murmure lorsque cela est nécessaire, et ondoie nerveusement quand la tension de la mélodie l’implique. Certes, Dybdahl n’est jamais aussi confortable que dans le compte-rendu d’un amour qui s’évanouit, et de la solitude qui en découle. Mais sa musique a su évoluer d’un décharnement aride, à l’utilisation de cordes soyeuses et tendres, et d’une simple guitare acoustique employée en métronome de base, à la fantaisie de quelques licks parfaitement bluesy. En ce sens, les trois extraits de Science offrent de remarquables plaisirs : « B A Part » ne peut donner envie que d’écouter de nouveau quelques incunables de Donovan ou Cat Stevens, et l’intervention d’une voix féminine dans « Dice », et le dialogue ironique qu’elle sous-tend, ou la fantaisie des cuivres dans « Something Real » - et son simple rythme tapoté sur une table ! – démontrent amplement que nous sommes ici en présence d’un authentique compositeur. Et d’un vrai interprète.
Un disque comme la preuve, tout en confidences, qu’on peut énormément apprécier la musique folk de l’americana des années soixante-dix, en être revenu, et affronter crânement des créations parfaitement actuelles.
Christian Larrède - Copyright 2012 Music Story
Description du produit
Une folk feutrée de jazz et de blues, un son serein et intimiste, une voix chaude et apaisante : les plus grands morceaux du songwriter norvégien enfin réunis ! Comparé à Tim Buckley et Nick Drake, Thomas Dybdahl est l'un des auteurs compositeurs les plus talentueux à émerger de Norvège. Son histoire commence en Octobre 2002 avec un premier album .That Great October Sound composé en grande partie à New York qu'il a lui même écrit, produit, joué et enregistré. Un coup de génie mélancolique et introspectif qui lui vaudra de nombreuses récompenses. En Octobre 2003, il sort son deuxième album Stray Dogs qui recevra le même accueil chaleureux. Son troisième album One Day You'll Dance For Me, New York City sort en Octobre 2004 et complète sa Trilogie d'Octobre. Le disque s'élève directement premier des charts norvégiens et se couvre rapidement de platine. Son quatrième album Science paraît en 2006 et lui vaut son second Grammy norvégien. La pochette est réalisée sous la direction artistique de Philippe Starck avec Jean-Baptiste Mondino à la photographie. En 2008 il chante pour Morcheeba et sort son deuxième album avec le groupe The National Bank, puis en 2009 il se livre à l'exercice de la bande originale pour le film Rottenetter du réalisateur Arild Ommundsen. Cette année il nous livre ce magnifique album éponyme qui reprend ses meilleurs morceaux.