Fan absolu de la saga, j'avais jusque-là beaucoup apprécié la reprise par Sente qui apportait selon moi un nouveau souffle à l'histoire, notamment en combinant avec justesse les deux trames, celle de Jolan et celle de Thorgal. Chaque album comportait une double histoire et offrait un double suspens, un double souffle et au final, une grande énergie. La partie Jolan était d'ailleurs la plus palpitante, je trouve, bien que les "héros-enfants" nuisent parfois à la qualité des dialogues.
Ici, cet équilibre n'est pas assuré et la narration moins réussie. Quelques pages sur Jolan, pour mieux lancer le prochain tome à mon avis, et un recentrage sur Thorgal reparti dans nouvelle quête peu originale car reprenant les éternels ingrédients: héroïsme, naïveté (mais quand Thorgal apprendra-t-il?!), cruauté du monde et des hommes, etc. Certes, la bravoure de notre héros continue à nous émouvoir, mais le "bateau-sabre" est aussi surprenant qu'une croisière sur la Méditerranée, malgré une fin en forme de suspense supposée emballer l'affaire. L'imaginaire que brasse cet album est assez faible, il ne génère pas un monde intérieur fantastique chez le lecteur, il propose une aventure maritime bien faite mais sans rêve ni poésie, les deux ingrédients métaphysiques qui font la force lyrique de Thorgal. Seul le dessin et la coloration de Rosinsky rappellent cette force.
Au final, ce tome est à mon avis le moins bon de Sente. Il est probablement un album de transition qui trouvera plus d'intérêt dans le cycle mais qui, pris isolément, ne satisfait pas une attente d'une année. Le "bateau-sabre" est une bonne BD mais Thorgal réclame l'exceptionnel.