Le rappeur aux chapeaux haut-de-forme colorés et aux vocaux vocodés est devenu un son emblématique des années 2007/2008, aussi il construit encore un album entier sur cette façon à la fois technologique et rétro de chanter ses refrains et de rapper ses lyrics.
Comme il sied aux stars du moment, son disque est un aréopage de vedettes de la scène urbaine, puisqu’il y croise le micro avec rien moins que Ludacris
(« Chopped N Skrewed », condensé de l’esprit du Sud et deuxième single extrait), Chris Brown
(« Freeze », un uptempo destiné à recueillir de la sueur sur les dance floors), Ciara
(« Blowing Up », éclairé par la princesse du Sud). Mais aussi Lil Wayne
(« Can’t Believe It », premier single dont le casting implique de hautes rotations prévues en radio, un titre pourtant lent et décharné, mais dont on trouve un remix plus riche en fin d’album), Akon et T.I. pour un trio sur
« It Ain’t Me », Kanye West sur
« Terapy ». T-Pain invite également Musiq Soulchild, DJ Khaled, Diddy et Mary J Blige, et une poignée d’autres sur les 19 titres de cet album touffu. Émaillé de petits sketches, des interludes comme au bon vieux temps des albums de rap des années 90, où il peut donner libre cours à sa fantaisie autour de son personnage de Monsieur Loyal, T-Pain réussit l’exploit de maintenir la pression tout au long d’un album long, et hanté par son gimmick sonore.
C’est qu’il est aussi un producteur inventif et varié, qui tente des choses et ne se limite pas à quelques recettes éprouvées. Ainsi qu’un auteur qui remplace avantageusement les rodomontades gangsta par un humour assez dévastateur.
Jean-Eric Perrin - Copyright 2012 Music Story