THREE DOG NIGHT 1969
Three Dog Night est le pendant australien d'un « froid canard » nocturne. Drôle de nom pour un drôle de groupe. En effet, Three Dog Night est tout ce qu'il y a d'atypique dans la mesure où il s'est taillé une réputation phénoménale fin 60, début 70, aux Etats-Unis, en piochant dans le répertoire des autres. Ce groupe rivalisait alors avec l'autre faiseur de tubes du moment, Creedence Clearwater Revival. A la différence près que CCR fonctionnait avec ses morceaux (ou ceux de John Fogerty) tandis que TDN ressortait des catalogues, des titres d'artistes généralement inconnus (qui deviendront connus plus tard pour certains), titres passés inaperçus, n'ayant pas marché et que le groupe de Hutton, Negron et Wells (les trois chanteurs) se faisaient fort de révéler et surtout de fructifier. En faisant appel à Michael Allsup (guitare), Floyd Sneed (batterie), Jimmy Greenspoon (claviers) et Joe Schermetzler, alias Schermie pour les intimes (basse), ce groupe américain (né en 1968) allait écumer les charts, truster les disques d'or en empruntant aux autres. Three Dog Night, sur l'époque sur laquelle il a surfé avec réussite, aura quand même vendu 40 millions de disques. Rendez-vous compte... Pour exemple, sur l'album qui nous intéresse, produit par un certain Gabriel Mekler et sorti en 1969, One a été repris à Harry Nilsson, inconnu au bataillon du rock à l'époque. Cette chanson, qui aurait pu croupir anonymement au fond d'un tiroir, Three Dog Night, lui a donné ses lettres de noblesse, en faisant un single à lauriers. C'est la raison pour laquelle l'album, éponyme au départ, s'est vu affublé du rajout « One » sur sa pochette et ce, quelques semaines seulement après que l'album ait commencé à inonder les radios FM. Sur ce disque, il faut aussi savoir que le groupe chante et joue, durant l'enregistrement, dans les conditions d'une prestation live. Aucun doublage donc. L'album est éclectique et composé de titres qui situent bien l'esprit de liberté qui soufflait sur le rock à cette époque. Reprises de Traffic (Heaven Is In Your Mind), de Lennon et MacCa (It's For You), de Danny Whitten du Crazy Horse de Neil Young (Let Me Go) ou de Young himself (The Loner), de Robertson du Band (Chest Fever), de Randy Newman (Bet No One Ever Hurt This Bad), de Tim Hardin (Don't Make Promises) ainsi qu'un Nobody, autre carton du disque... voilà ce qui vous attend dans ce premier album de Three Dog Night. On pourra certes leur reprocher leur manque d'originalité d'avoir repris les chansons d'autres et de ne pas s'être investis dans leurs propres créations. Ok, je vous le concède. Ce n'est pas pour autant qu'il faille les sectoriser dans une sous-catégorie de chanteurs de bars, de groupes de bals ou d'ensembles de kermesses. L'affaire était très sérieuse, rondement menée et surtout très efficace. Et le succès à la hauteur de leur grand talent. Et ce n'est qu'un début !
SUITABLE FOR FRAMING - 1969
Deuxième album de Three Dog Night, sorti en 1969, soit quelques mois seulement après le succès phénoménal que fut leur album éponyme (rebaptisé One par la suite), Suitable For Framing s'appuie sur la même stratégie que celle précédemment utilisée avec bonheur : reprendre les titres d'autres. La réussite est, une fois encore, au rendez-vous. L'album précédent n'est pas encore sorti des charts que celui-ci s'y installe. Pendant quelques mois, ces deux premiers disques de TDN vont occuper les hits parades internationaux et se tirer la bourre. Sur ce deuxième LP, c'est Easy To Be Hard, emprunté à Hair, la comédie musicale en vogue du moment, Eli's Coming, Celebrate qui s'y collent. On a droit aussi à une reprise du duo Elton John et Bernie Taupin (Lady Samantha), à un Feelin' Alright, l'original étant de Dave Mason de Traffic, à du Sam Cooke (A Change Is Gonna Change Come), interprète soul et... à des originaux, signés Hutton (Dreaming Isn't Good For You) et King Salomon's Mines (Floyd Sneed). La recette est bonne, le groupe cartonne sur les ondes. Que demander de plus ?