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3.0 étoiles sur 5
Rape & Revenge, 10 janvier 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Thriller: A Cruel Picture [Import USA Zone 1] (DVD)
"Thriller, A Cruel Picture", film suédois datant de 1973 et réalisé par un certain Bo Arne Vibenius est l"un des tous premiers Rape & Revenge de l'histoire du cinéma et sans doute pas l'un des plus anecdotiques puisque malgré son quart de siècle d'existence, il reste assez marquant dans un genre qui connut son apogée dans les années soixante-dix avec des films tels que "I Spit On Your Grave" avant de connaître une certaine reconnaissance de la part de l'atypique cinéaste Abel Ferrara qui offrit au Rape & Revenge l'un de ses plus illustre représentant : "L'ange de la vengeance".
Il faut tout d'abord savoir qu'il existe deux version de l'œuvre de Vibenius. Une version tronquée, celle proposée au festival de Cannes en Mai 1973 et diffusée dans la plupart des pays et celle, complète, interdite dans beaucoup d'états dont la Suède, le pays d'origine du film.
"Thriller, A Cruel Picture", c'est l'histoire qui deviendra plus tard classique de la fillette violée par un vieux pervers et qui devient muette par la suite. Quinze années plus tard elle croise la route d'un maquereau qui va la rendre accro à l'héroïne afin de la rendre malléable et d'en faire absolument tout ce qu'il désire. Et le vœux le plus cher de cet affreux personnage est d'en faire une prostituée. Si Madeleine veut avoir ses doses journalières elle doit accepter de coucher avec des inconnus, de subir la violence d'une cliente Sado-masochiste, d'être prise en photos sous toutes les coutures par un type visiblement incapable de se satisfaire autrement. Les clients passent les uns derrière les autres. Comme à l'usine, la jeune femme passe ses journées au lit, rapportant beaucoup d'argent à son maquereau. Mais elle n'oublie pas aussi d'en mettre un peu de coté. Pour elle. Et même beaucoup. Car si Madeleine accepte sans broncher humiliations et dominations, c'est en murissant lentement sa vengeance. Elle n'a qu'une idée en tête. Faire payer à tous ce qu'elle subit maintenant depuis des mois. Peut-être même une manière d'exorciser l'effroyable événement dont elle fut victime étant enfant. Et puis surtout, elle veut que meure celui qui a causé le suicide de ses parents. Des lettres qu'ils ont reçu et que le maquereau, au summum de la monstruosité, a de sa main fait passer pour des courriers écrits par Madeleine elle-même et dans lesquels elle renie son père et sa mère.
L'argent qu'elle a mis de coté va lui servir à prendre des cours. De tir, de self-défense, de conduite. Comme tout bon salarié, la jeune femme a droit à un jour de repos dans la semaine. Elle va l'employer à s'entrainer jusqu'à être capable d'user de ses propres moyens pour exterminer la vermine. Lorsque le jour de la vengeance est enfin arrivé, tout le monde y passe. Même les innocents. Un automobiliste l'empêche de le doubler? Le voilà qui termine sa route dans un fossé, la voiture en feu. La police intervient juste après un bain de sang orchestré par Madeleine? Celle-ci fait montre de ses nouveaux talents en matière de close-combat pour se débarrasser des deux flics qui tentent de l'embarquer dans leur véhicule de fonction. Quand aux responsables, aux vrais, pas un n'en réchappera. Le client qui a "offert" à Madeleine sa première sodomie tombera sous les impacts du fusil à canon scié que Madeleine a volé dans la cabane de l'instructeur militaire qui lui a tout appris du maniement des armes à feu. Le photographe pervers et la cliente sado-masochiste, celle qui prenait tant de plaisir à gifler Madeleine, vont périr sous les balles de la même arme alors qu'il discutaient justement de la jeune prostituée dans un bar avec le maquereau. Ce dernier, qui en réchappera, finira malgré tout rattrapé plus tard et tué de manière tout à fait originale par une Madeleine alors affranchie de ses bourreaux. Et peut-être même définitivement perdue puisque incapable de faire la différence entre ceux-ci et les innocents dont elle a fait ses victimes. Peut-être est-ce une manière de démontrer aussi que derrière chaque visage se cache un coupable potentiel, et que le meurtre des deux flics est une façon pour Madeleine de se venger de l'incompétence dont à fait preuve la justice lorsqu'elle fut violée toute petite.
Ce qui marque au départ de cette œuvre un brin déconcertante mais loin d'être aussi glauque que sa réputation tente de nous le faire croire, c'est l'angélisme dont fait preuve la jeune femme. Sans doute lié au traumatisme vécu dans son enfance, elle semble vivre en dehors de la réalité et semble incapable de voir la menace lorsqu'elle se présente à elle. Le visage aussi doux et pur que celui d'une gamine de dix ans, Madeleine, devenue alors une jeune femme pourvue d'atouts féminins généreux, tombe dans un piège dont elle ne parviendra à s'extraire qu'à force de volonté et d'esprit de vengeance. Ce qui frappe ensuite, c'est la froideur du projet. Peu de musique, peut-être encore moins de dialogues si ce ne sont les soupirs écœurants des clients qui exhalent leur souffle sur la nuque d'une jeune femme alors totalement sous l'emprise de la drogue et donc parfaitement soumise. Dans la version visionnée, donc intégrale, Bo Arne Vibenius a choisi d'intégrer des inserts pornographiques. Sans doute pour durcir un propos qui pourtant n'en n'avait sans doute pas besoin. Les plans de pénétration se comptent sur les doigts des deux mains, se montrent on ne peut plus explicites mais jamais le moins du monde excitants. A moins d'avoir un gout prononcé, voire exclusif pour les jeunes femmes défoncées à l'héroïne et vendues comme une marchandise à des clients incapables de s'assumer sexuellement autrement qu'entre les bras d'une prostituée, je ne vois pas comment on peut trouver beau de voir Madeleine souffrir en silence sous les assauts répétés de ses clients. Les plans pornos s'en trouvent être franchement gênants voire même repoussants. Quand à la vengeance de Madeleine, elle est filmée de manière théâtrale, au ralenti_, ce qui permet de profiter longuement de chaque meurtre dont on prend un immense plaisir à voir chaque exécution. Les gerbes de sang et les visages déformés par la douleur deviennent alors le fond de commerce du film qui jusqu'à la fin ne nous offre plus que la mort en pâture.
Il devient difficile de donner un avis franc et précis sur cette œuvre qui reste malgré tout assez troublante de part son sujet et la manière qu'a Bo Arne Vibenius de l'aborder. L'actrice Christina LINDBERG campe un personnage difficile mais s'en sort avec les honneurs. Son visage angélique n'est pas étranger au fait que l'on s'en souvienne même longtemps après que le générique de fin se soit imposé de manière assez brutale.
"Thriller, A Cruel Picture" est une œuvre marquante donc. Peut-être l'un des tout meilleurs Rape & Revenge". En tout cas bien plus intéressant que le surestimé "Dernière Maison Sur La Gauche" de Wes Craven longtemps considéré comme l'un des films les plus malsain de l'histoire du cinéma. A voir au moins par curiosité.
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5.0 étoiles sur 5
thriller "crime a froid", 19 novembre 2010
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excellent film dans sont genre, dommage de ne pas pouvoir trouver la version française "Crime a Froid" .
christina lindberg formidable en muette vengeresse ,le tout accompagné d'une musique psychédélique à souhait,bref pour mon cas pas de regrets.
en plus les bonus sont bien fournis pour un film ancien...
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3.0 étoiles sur 5
Cruel, c'est le mot., 19 juillet 2010
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La mise en scène de la violence et du sexe à l'écran est un sujet de polémique assez passionnant. Thriller est le film parfait pour (re)lancer ce débat. Tout y est excessif. La violence y est magnifiée et le sexe rendu glauque au possible. Mais cela n'est jamais gratuit. La question est maintenant peut-on aimer ce film ? A-t-on envie de le recommander ? Doit-on le regarder ? Là, c'est beaucoup plus difficile à dire. 1h45 d'images qui crée un malaise, tenace qui plus est. On aimerait le détester et on déteste l'aimer. Alors on pourrait parler de trucs techniques pour noyer le poisson.
Thriller est un film remarquablement interpréter par une Christina Lindberg fantastique. Bo Arne Vibenius, son réalisateur, montre un talent certain pour la mise en scène. Un rythme lent, voire ralenti façon Sam Peckinpah pour les scènes de violence. Le film se veut contemplatif. La photo accentue tantôt la crudité et la vulgarité, tantôt la beauté des images. C'est daté du point de l'image, certes, mais dans le sens positif. Ca a le charme d'une époque révolue. Le scénario est prévisible mais là n'est pas vraiment l'enjeu. Trois étoiles car c'est le parfait compromis entre une seule et cinq et je ne me sens pas capable de mettre l'une ou l'autre note.
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