"La vie n'est qu'une ombre qui passe, un pauvre acteur
Qui parade et s'agite pendant son temps sur scène
Et puis qu'on n'entend plus." (MACBETH, V-5, de Shakespeare)
Dans le Château de l'Araignée, adaptation par Kurosawa du MACBETH de Shakespeare, il y a le crépitement vertical des traits de pluie et le cliquetis horizontal des flèches qui finissent d'encager le héros-guerrier, emporté dans la spirale infernale de sa soif inextinguible du pouvoir.
Ce film-chef-d'oeuvre forme avec RAN le portique épique de l'oeuvre de Kurosawa. A trente ans de distance, le noir et blanc de l'Araignée et le kaléidoscope de couleurs de RAN font flotter haut et clair l'étendard sanglant de la tragédie.
Il y a des guerriers en armure, des chevauchées dans la pluie et le vent. Il y a le hiératisme et le masque des visages du théâtre Nô. Des forêts labyrinthiques et étouffantes et des arbres qui marchent.
Un film clé, à voir absolument.