Tigane, c'est de l'émotion pure, plus dramatique qu'un simple massacre, Kay met en scène la destruction lente de toute une culture. La province de Tigane de la péninsule de la Palme non seulement a été dévastée, ses monuments éradiqués mais le Roi-Sorcier Brandin, qui y a perdu son fils bien-aimé, en a aussi maudit le nom et le souvenir. Seuls ceux nés à Tigane avant l'invasion sont capable d'entendre ce nom. Ce sont ces ceux-là qui constituent le coeur de l'ouvrage, leur blessure et leurs résolutions, une quinzaine d'année après l'évènement. Tels Alessan, l'héritier du trône de Tigane, inlassablement à la recherche des moyens de chasser Brandin et Alberico, l'autre sorcier à se tailler un empire dans la péninsule. Ou encore Dianora, qui a juré de venger sa famille en assassinant le tyran mais tourmenté par son amour pour lui.
Publié à l'origine par L'Atalante en tant que Fantasy, Tigane relève en fait beaucoup plus de la littérature générale enrichie d'une magie plus subtile que celle qui parcoure habituellement ces titres. Ce sont les émotions, les émotions intimes fortes qui sont les vrais personnages de ce roman, en particulier lors d'un final propre à tirer une larme à n'importe quel lecteur. Mon Guy Gavriel Kay favori encore à ce jour, je regrette tellement qu'il ait abandonné tout fantastique dans ses romans suivants.