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Tigre en papier Poche – 5 septembre 2003


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Poétique des années 60. Ainsi Olivier Rolin aurait pu signer également son livre Tigre en papier. Des années 60, avec tout ce qu'elles possédaient pour rugir et mordre dans la vie. Né entre la mère des défaites et Diên Biên Phu, le narrateur s'emploie à raconter sa jeunesse en roulant frénétiquement le long du périphérique parisien. Une jeunesse qui voit se déployer portraits, objets et gestuel. C'est le temps des copains, des clampins sympathiques "à la vie à la mort", des virées ici et là, où l'on fauche une bagnole à Vesoul, gravit la tour sud de Saint-Sulpice, où l'on file en voyage jusqu'au Mékong, le temps des Trabants, des cuites, de la Gitane maïs, des tracts qui n'en finissent plus, rédigés dans la nuit et ronéotypés, des réunions politiques, d'Eddy Merckx, de Nixon, et de Sartre houspillé chez Renault…

Olivier Rolin aurait pu lasser son lecteur moderne. Du tout ! En même temps qu'il relate une époque révolue, s'adressant à la fille d'un ami disparu lui aussi, corps et âme, il accroche son lecteur (et son interlocutrice) en exacerbant les marques du présent : vastes publicités et calicots le long du périphérique et des passerelles d'autoroute, outrances et dérives de la consommation, vache folle, Zénith et Stade de France… Uni en seul discours aux allures de logorrhée nostalgique (contre un temps "devenu plus hygiénique"), c'est là tout bonnement un pan de l'histoire sociale que livre Olivier Rolin. Avec beaucoup de fraîcheur. --Céline Darner --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Extrait

Vert émeraude sur bleu nuit PÉRIPHÉRIQUE INTÉRIEUR FLUIDE PÉRIPHÉRIQUE EXTÉRIEUR FLUIDE.
Émeraude tu aimes ce nom, va savoir pourquoi. À cause d’Esmeralda, la première fille qui t’ait fait rêver sous les traits, mieux vaudrait dire les courbes de Gina Lollobrigida ? Ou bien parce qu’enfant tu passais tes vacances sur la côte d’Émeraude ? Pas de planches à voile ni de horsbord ni rien sur l’eau, la mer était vide comme sur les tableaux, alors. Il fallait se méfier des mines dérivantes, la marée en rejetait encore, grosses boules de mort patientes, rouillées. Attendant leur heure. On était si près de la fin de la guerre.
Tu es né à mi-distance exactement de la Mère des défaites et de Dien Bien Phu, il faut le faire. La mélancolie historique tu l’astétée avec le lait de ta mère. Elle vous emmenait, ton frère et toi, voir le soleil se coucher depuis une pointe proche de la maison. Assis sur un banc, vous attendiez. Ce n’était pas lesoleil qui tombait, vous expliquait-elle, mais la Terre qui tournait, basculait, s’enfonçait dans la nuit. De l’autre côté du monde, en Asie, en Indochine comme on disait alors, le jour se levait. C’était difficile à croire. Vous espériez voir le rayon vert, mais vous ne l’avez jamais vu. Vous reveniez en silence, perplexes et déçus.
Tu aimes le nom de la nuit, aussi, navire night, noche triste, notta continua. En Allemand on ne le dira pas. Chaussée luisante, noire-mordorée BOBIGNY LILLE BRUXELLES PORTE DE BAGNOLET tours noires au sommet perdu dans la brume PORTE DE MONTREUIL HYPERMARCHÉ AUCHAN vert rouge NOVOTEL bleu 550m n302 CAMPANILE vert SAINT-MACLOU PEUGEOT PARIS NORD. Tu as habité par là, à droite, dans la nuit noire, en haut de la rue… quelle rue, déjà ? C’était il y a combien d’années ? La nuit des temps… C’était avec Judith. Habité est un bien grand mot. Vous dormiez là. Combien d’années ? Voyons… une trentaine. Est-ce possible ? --Ce texte fait référence à l'édition Broché .


Détails sur le produit

  • Poche: 256 pages
  • Editeur : Seuil; Édition : SEUIL (5 septembre 2003)
  • Collection : Points roman
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2020611929
  • ISBN-13: 978-2020611923
  • Dimensions du produit: 10,8 x 2,4 x 17,9 cm
  • Moyenne des commentaires client : 3.5 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (6 commentaires client)
  • Classement des meilleures ventes d'Amazon: 100.710 en Livres (Voir les 100 premiers en Livres)
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5 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile  Par Gauthier Daniel VOIX VINE le 4 février 2010
Format: Broché
Certes, le livre fait un peu "les Martiens parlent aux Martiens" et il faut un doctorat en maoïsme pour comprendre les nombreuses allusions, références, "private jokes" et personnages de ce roman à clés...
Mais Olivier Rolin a une telle qualité d'écriture, son roman est si bien construit, sa vision si aigüe que l'on se prend au jeu et dévore son portrait au vitriol (tendre, mais au vitriol quand même...) d'une génération qui faillit être perdue.
Génération qui manqua basculer dans le terrorisme.
Episode peu connu, en effet : "La Cause du Peuple" (ou plutôt son chef Benny Lévy) décida de dissoudre son organisation (dont la branche armée, la "Nouvelle Résistance Populaire", était dirigée par... Olivier Rolin) en 72, et seuls quelques rares dissidents (sur les milliers de militants fanatisés que comprenait "La Cause") décidèrent de désobéir pour rejoindre l'anarchiste André Rouillan et former "Action Directe"...
Autrement dit, notre pays est passé à deux doigts des exactions massives de la RAF allemande ou des Brigades rouges italiennes.
Un grand merci donc à Benny Lévy et... Olivier Rolin.
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4 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile  Par Mina le 19 novembre 2008
Format: Poche Achat vérifié
j'ai acheté ce premier livre d'Olivier Rolin dont je connaissais le nom, mais je n'avais encore rien lu de lui et c'est à la lumière des nombreux commentaires élogieux sur ce site que j'ai commandé le livre Je dois dire que j'ai été très déçue car je n'ai pas du tout ressenti de "poésie" dans son écriture que j'ai trouvé hachée, étouffante, passant d'un sujet à l'autre au gré de son parcours. C'est un genre "parlé" qui pour moi, ne représente pas le style littéraire tel que je l'apprécie....En fait, j'ai vraiment détesté ce livre ....Dommage ! Cela ne veut pas dire qu'il n'a pas sa valeur, simplement je n'ai pas adhéré une seconde à cette narration.
Mina
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14 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile  Par Vincent le 22 décembre 2002
Format: Broché
Peu d'écrivains contemporains parlent avec leurs tripes. Rolin en est un. Le mot qui me vient à l'esprit après deux lectures consécutives, c'est "sincérité".
Non, Rolin n'a pas oublié mai 68, il l'a digéré à sa façon, sans regrets, sans vanité. Mais est-ce vraiment un roman sur 68? Non, c'est plutôt une polyphonie qui entraîne dans ses notes un monde
passé où les valeurs, tels que l'honneur, la justice, l'amitié donnaient encore l'ivresse de vivre.
Et puis, il y a l'immense travail de deuil qui n'est pas seulement
celui d'une époque, mais aussi d'un père mort au Vietnam (des pages d'incantation sublimes).
Rappelez-vous Céline en 1932..."Le voyage".., Les meilleurs romans ne remportent pas forcément le Goncourt.
Merci à Rolin de continuer avec obstination le pari impossible de la littérature. "Tigre en papier", c'est aussi du rythme, de la musique, une véritable symphonie. Rappelez-vous Céline car il s'agit ici d'une nouvelle "Féérie pour une autre fois". Rolin connaît sa musique: le style.
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