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Tigre en papier [Broché]

Olivier Rolin
3.2 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (5 commentaires client)
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Descriptions du produit

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Poétique des années 60. Ainsi Olivier Rolin aurait pu signer également son livre Tigre en papier. Des années 60, avec tout ce qu'elles possédaient pour rugir et mordre dans la vie. Né entre la mère des défaites et Diên Biên Phu, le narrateur s'emploie à raconter sa jeunesse en roulant frénétiquement le long du périphérique parisien. Une jeunesse qui voit se déployer portraits, objets et gestuel. C'est le temps des copains, des clampins sympathiques "à la vie à la mort", des virées ici et là, où l'on fauche une bagnole à Vesoul, gravit la tour sud de Saint-Sulpice, où l'on file en voyage jusqu'au Mékong, le temps des Trabants, des cuites, de la Gitane maïs, des tracts qui n'en finissent plus, rédigés dans la nuit et ronéotypés, des réunions politiques, d'Eddy Merckx, de Nixon, et de Sartre houspillé chez Renault…

Olivier Rolin aurait pu lasser son lecteur moderne. Du tout ! En même temps qu'il relate une époque révolue, s'adressant à la fille d'un ami disparu lui aussi, corps et âme, il accroche son lecteur (et son interlocutrice) en exacerbant les marques du présent : vastes publicités et calicots le long du périphérique et des passerelles d'autoroute, outrances et dérives de la consommation, vache folle, Zénith et Stade de France… Uni en seul discours aux allures de logorrhée nostalgique (contre un temps "devenu plus hygiénique"), c'est là tout bonnement un pan de l'histoire sociale que livre Olivier Rolin. Avec beaucoup de fraîcheur. --Céline Darner --Ce texte fait référence à lédition Broché .

Extrait

Vert émeraude sur bleu nuit PÉRIPHÉRIQUE INTÉRIEUR FLUIDE PÉRIPHÉRIQUE EXTÉRIEUR FLUIDE.
Émeraude tu aimes ce nom, va savoir pourquoi. À cause d’Esmeralda, la première fille qui t’ait fait rêver sous les traits, mieux vaudrait dire les courbes de Gina Lollobrigida ? Ou bien parce qu’enfant tu passais tes vacances sur la côte d’Émeraude ? Pas de planches à voile ni de horsbord ni rien sur l’eau, la mer était vide comme sur les tableaux, alors. Il fallait se méfier des mines dérivantes, la marée en rejetait encore, grosses boules de mort patientes, rouillées. Attendant leur heure. On était si près de la fin de la guerre.
Tu es né à mi-distance exactement de la Mère des défaites et de Dien Bien Phu, il faut le faire. La mélancolie historique tu l’astétée avec le lait de ta mère. Elle vous emmenait, ton frère et toi, voir le soleil se coucher depuis une pointe proche de la maison. Assis sur un banc, vous attendiez. Ce n’était pas lesoleil qui tombait, vous expliquait-elle, mais la Terre qui tournait, basculait, s’enfonçait dans la nuit. De l’autre côté du monde, en Asie, en Indochine comme on disait alors, le jour se levait. C’était difficile à croire. Vous espériez voir le rayon vert, mais vous ne l’avez jamais vu. Vous reveniez en silence, perplexes et déçus.
Tu aimes le nom de la nuit, aussi, navire night, noche triste, notta continua. En Allemand on ne le dira pas. Chaussée luisante, noire-mordorée BOBIGNY LILLE BRUXELLES PORTE DE BAGNOLET tours noires au sommet perdu dans la brume PORTE DE MONTREUIL HYPERMARCHÉ AUCHAN vert rouge NOVOTEL bleu 550m n302 CAMPANILE vert SAINT-MACLOU PEUGEOT PARIS NORD. Tu as habité par là, à droite, dans la nuit noire, en haut de la rue… quelle rue, déjà ? C’était il y a combien d’années ? La nuit des temps… C’était avec Judith. Habité est un bien grand mot. Vous dormiez là. Combien d’années ? Voyons… une trentaine. Est-ce possible ? --Ce texte fait référence à lédition Broché .

Présentation de l'éditeur

C’est l’histoire d’un type qui raconte à la fille de son meilleur ami, mort depuis longtemps, ce que fut leur jeunesse à l’époque presque fabuleuse - la fin des années 60 - où l’on croyait dur comme fer à la Révolution.
Internet n’existait pas, ni le TGV ni les portables, la télé était en noir et blanc, le président Pompe allait succéder à de Gaulle. Au Vietnam la « guerre du peuple » défaisait la puissance américaine, les impérialistes étaient des tigres en papier, la Chine était rouge pour l’éternité, le Che plus grand mort que vivant.
Voici donc la vie très horrificque de Martin et de son ami Treize, et du reste de la bande, Fichaoui-dit-Julot, Reureu l’hirsute, Momo-Mange-serrures, Judith et Chloé, Roger le Belge, tous les autres, les saints et les balances, les castagneurs et les pleutres, les rebelles et les fayots, avec leurs faits et prouesses épouvantables…Il y a dans cette histoire du grotesque mais aussi de la poésie brute, la bêtise y côtoie beaucoup de romantisme, on peut appeler ça comme ça.
La scène, le récit, se passe la nuit, dans une voiture qui tourne inlassablement sur les périphs, comme une navette spatiale satellisée autour de Paris. Moteur !

Quatrième de couverture

C'est l'histoire d'un type qui raconte à la fille de son meilleur ami, mort depuis longtemps, ce que fut leur jeunesse à l'époque presque fabuleuse - la fin des années 60 - où l'on croyait dur comme fer à la Révolution.

Internet n'existait pas, ni le TGV ni les portables ni le câble ni les walkman ni les répondeurs. Les pavillons de Baltard ouvraient encore leurs parapluies au-dessus du ventre de Paris, la télé était en noir et blanc, le président Pompe allait succéder à de Gaulle. Au Vietnam la «guerre du peuple» défaisait la puissance américaine, les impérialistes étaient des tigres en papier, la Chine était rouge pour l'éternité, le Che plus grand mort que vivant. L'lnternationale serait le genre humain. C'était dans la nuit des temps...

Voici donc la vie très horrificque de Martin et de son ami Treize, et du reste de la bande, Fichaoui-dit-Julot, Reureu l'Hirsute, Momo-Mange-serrures, Judith et Chloé, Roger le Belge, tous les autres, les saints et les balances, les castagneurs et les pleutres, les rebelles et les fayots, avec leurs faits et prouesses épouvantables... Il y a dans cette histoire du grotesque mais aussi de la poésie brute, la bêtise y côtoie beaucoup de romantisme, on peut appeler ça comme ça.

La scène, le récit, se passe la nuit, dans une voiture qui tourne inlassablement sur les périphs, comme une navette spatiale satellisée autour de Paris. Moteur! O.R. --Ce texte fait référence à lédition Broché .

L'auteur vu par l'éditeur

Olivier Rolin, né en 1947, est l’auteur, entre autres, de L’Invention du monde (1993), Port-Soudan (prix Femina 1994) et Méroé (1998). --Ce texte fait référence à lédition Broché .
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