Tiken Jah Fakoly

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Biographie

Doumbia Moussa Fakoly de son vrai nom, est né le 23 juin 1968 à Odienné, en Côte d'Ivoire, issu d'une famille de guerriers mandingues, en l'occurrence de l'ethnie Malinké. Excellent danseur, adolescent, il préfère les pistes de danse aux bancs de l'école. Il est alors envoyé dans un petit village par son père déçu de ses résultats scolaires. Loin de la présence paternelle et du poids familial, il va enfin se sentir libre de cultiver ce qui est devenu sa passion : la musique. Celui qui se fera bientôt appeler Tiken Jah (Tiken qui est le dérivé de Tiani qui veut dire « petit garçon » en ... Lire la suite

Doumbia Moussa Fakoly de son vrai nom, est né le 23 juin 1968 à Odienné, en Côte d'Ivoire, issu d'une famille de guerriers mandingues, en l'occurrence de l'ethnie Malinké. Excellent danseur, adolescent, il préfère les pistes de danse aux bancs de l'école. Il est alors envoyé dans un petit village par son père déçu de ses résultats scolaires. Loin de la présence paternelle et du poids familial, il va enfin se sentir libre de cultiver ce qui est devenu sa passion : la musique. Celui qui se fera bientôt appeler Tiken Jah (Tiken qui est le dérivé de Tiani qui veut dire « petit garçon » en Malinké) découvre le reggae en 1977. Il estime perpétuer la tradition familiale des Fakoly : « nous sommes des guerriers, ceci explique peut être le pourquoi de mon engagement », avance-t-il dans une interview au site internet Au-Senegal.com.

Tiken Jah Fakoly enregistre une première maquette, fruit de sa rencontre avec Joffrey, un guitariste guinéen, puis décide de monter un groupe pour pouvoir se produire sur scène. Il forme, en 1987, les Djelys, en référence au terme malinké « djéli » (« sang »), nom donné aux griots de cette tribu (transmission par le sang) car comme le veut l'adage, « on ne devient pas griot, on naît griot ». Les Djelys se font un petit nom chez eux et décrochent en 1992 la première partie de la star du reggae ivoirien, Solo Jah Gunt. Mais c'est lors du Marlboro Rockin', concours donné en 1993 par le fabricant de cigarettes, que les choses vont s'accélérer pour le groupe. Il termine quatrième sur deux cents et attire ainsi le regard des médias nationaux. La même année, ils décident donc de sortir deux albums sous forme de cassette six-titres, Les Djelys, et, un an après une tournée nationale, Missiri.

« Eveiller les consciences » 

L'artiste prend réellement conscience de son engagement politique lorsqu'ont lieu de violentes manifestations à la suite des élections organisées après la mort du président Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993. Dès lors, Tiken Jah Fakoly prend la parole au nom d'une jeunesse désabusée et révoltée. C'est tout d'abord Mangercratie qui paraît en 1996, dénonçant la corruption politique et dont le single homonyme fait le succès de l'artiste, malgré les réticences - voire les censures - de certains médias. Le chanteur remplit les salles et est de tous les festivals d'Afrique de l'Ouest.

Tiken Jah Fakoly veut à présent faire entendre sa voix en Europe. Les ventes conséquentes de l'album en Afrique (500 000 exemplaires) interpellent les professionnels du disque français. Invité à jouer à la péniche Makara à Paris en 1998, puis au Divan du Monde dans le cadre des festivals Africa Live au Bataclan et Musiques Métisses, il ne tarde pas à se faire remarquer et se produit en première partie de Sinsemilia à l'Elysée Montmartre. Le groupe français a un coup de coeur pour l'artiste et l'engage quelques mois plus tard pour toute sa tournée. Parallèlement, il continue de tourner en Afrique, notamment au Burkina Faso.

L'année suivante marque un tournant dans la carrière internationale du chanteur, qui part donner des concerts aux Etats-Unis. Accompagné de musiciens jamaïcains, il joue à New York et Philadelphie. Fort de son succès, il prépare un second album, mixé à Kingston au célèbre studio Tuff Gong de Bob Marley, alors que le premier sort à peine en France et que débute la tournée avec Sinsemilia. Cours d'Histoire (1999) connaît le même succès que Mangercratie auprès du public africain.

Mais, la même année, les événements politiques de son pays rattrapent Tiken Jah Fakoly, qui s'empresse de réaliser un album en réponse au putsch attribué au général Robert Guéï : Le Caméléon, sorti exclusivement sur le territoire ivoirien. En même temps qu'ont lieu de violentes manifestations dans son pays pendant les élections, le chanteur fait connaître la situation de son peuple en France en parcourant les festivals, le Printemps de Bourges, le Garance Reggae Festival, en jouant en première partie d'Israël Vibration et reçoit le prix RFI Découverte en 2000.

L'ampleur de son succès pousse le chanteur à abandonner sa maison de disque et à signer chez Barclay. Avec des moyens conséquents, il retourne en Jamaïque, aux studios Tuff Gong, réaliser l'album Françafrique, une réédition de ses meilleurs titres destinée au public européen, auquel collaborent des artistes locaux de premier plan : U-Roy, Anthony B, Sly and Robbie... L'opus, suivi d'une tournée, sort en 2002.

Faire tomber les frontières

L'engagement de l'artiste, devenu gênant dans un pays en perpétuel conflit, l'oblige à s'exiler au Mali, à Bamako. Tiken Jah participe à l'album Drop the Debt (Annulons la Dette) en 2003, de même que Massilia Sound System, Cesária Évora ou encore Fernanda Abreu, afin de sensibiliser le public à la cause de l'annulation de la dette des pays du Tiers-monde. C'est à l'étranger, où on lui donne les moyens de s'exprimer, que ses dénonciations font écho. Il le constate en 2003, le soir des Victoires de la Musique, où il reçoit le prix dans la catégorie « Album Reggae/Ragga/World » de l'année (partagé avec les Corses d'I Muvrini). C'est ce soir-là qu'un plus large public découvre le chanteur et son discours militant. Ironie du sort, son succès lui vaut même quelques coups de fils inattendus d'hommes politiques ivoiriens de chaque camp tenant à le féliciter.

En 2004, sort Coup de Gueule, également enregistré au studio Tuff Gong, album d'un exilé ouvert sur le monde, comme en témoignent les diverses collaborations : Mouss, Hakim et Magyd Cherfi (tous trois membres de Zebda), Didier Awadi (du groupe de rap sénégalais Positive Black Soul) ou encore Saramba Kouyaté. Après deux disques d'or, de nombreux concerts, festivals internationaux (excepté dans son pays) et apparitions sur les albums de divers artistes, Tiken Jah Fakoly crée son propre label Fakoly Production et produit de jeunes talents dont Beta Simon (pour l'album Kraity Payan Guez, sorti en mai 2007 en France) dans son studio d'enregistrement à Bamako. Puis il y enregistre un nouvel opus, intitulé L'Africain, auquel collabore à nouveau Magyd Cherfi, avec qui le reggaeman partage des positions politiques communes au sujet de l'Afrique et sa diaspora. Il va promouvoir le disque en tournée et passe par l'Olympia.

Après cinq années d'exil, le chanteur ivoirien peut enfin retourner dans son pays calmé par un traité de réconciliation nationale et retrouve son public pour un concert à Abidjan. Un retour célébré par un grand concert de réconciliation en Côte d'Ivoire où sont présents des artistes ivoiriens de renom : Ismaël Isaac, Serge Kassi, Fadal Dey et Beta Simon. Mais le militantisme de l'artiste lui vaut une nouvelle interdiction de territoire, cette fois-ci au Sénégal où il est déclaré persona non grata à la suite de déclarations contre le régime du président Abdoulaye Wade.

Impliqué dans le combat pour l'annulation de la dette africaine, Tiken Jah Fakoly se rapproche de plus en plus du mouvement altermondialiste et s'engage dans des manifestations anti-G8. Les défenseurs de la liberté d'expression reconnaissent en lui l'arme de contre-pouvoir indispensable dans une Afrique souvent corrompue, comme en témoigne le prix Freemuse qui lui a été décerné en Suède pour son combat. Le chanteur vit donc au Mali, devenu son pays d'adoption, et continue à oeuvrer pour la paix en lançant avec chaque nouvel album un pavé dans la mare.

Le combat ardemment défendu avec African Revolution en 2010, concerne l'éducation, priorité des priorités. Ne se contentant pas de belles paroles, Tiken Jah Fakoly anime le mouvement "Un concert, une école" qui permet la construction de classes d'école au Mali et en Côte d'Ivoire. En mars 2013, Tiken Jah Fakoly est le personnage central du documentaire Sababou qui se penche sur les nombreux problèmes de l'Afrique et de la Côte d'Ivoire. Le chanteur est de retour en juin 2014 avec Dernier Appel dont les thèmes restent invariables et qui peut compter sur les participations d'Alpha Blondy, Nneka et Patrice. Copyright 2014 Music Story Nadia Hammami

Doumbia Moussa Fakoly de son vrai nom, est né le 23 juin 1968 à Odienné, en Côte d'Ivoire, issu d'une famille de guerriers mandingues, en l'occurrence de l'ethnie Malinké. Excellent danseur, adolescent, il préfère les pistes de danse aux bancs de l'école. Il est alors envoyé dans un petit village par son père déçu de ses résultats scolaires. Loin de la présence paternelle et du poids familial, il va enfin se sentir libre de cultiver ce qui est devenu sa passion : la musique. Celui qui se fera bientôt appeler Tiken Jah (Tiken qui est le dérivé de Tiani qui veut dire « petit garçon » en Malinké) découvre le reggae en 1977. Il estime perpétuer la tradition familiale des Fakoly : « nous sommes des guerriers, ceci explique peut être le pourquoi de mon engagement », avance-t-il dans une interview au site internet Au-Senegal.com.

Tiken Jah Fakoly enregistre une première maquette, fruit de sa rencontre avec Joffrey, un guitariste guinéen, puis décide de monter un groupe pour pouvoir se produire sur scène. Il forme, en 1987, les Djelys, en référence au terme malinké « djéli » (« sang »), nom donné aux griots de cette tribu (transmission par le sang) car comme le veut l'adage, « on ne devient pas griot, on naît griot ». Les Djelys se font un petit nom chez eux et décrochent en 1992 la première partie de la star du reggae ivoirien, Solo Jah Gunt. Mais c'est lors du Marlboro Rockin', concours donné en 1993 par le fabricant de cigarettes, que les choses vont s'accélérer pour le groupe. Il termine quatrième sur deux cents et attire ainsi le regard des médias nationaux. La même année, ils décident donc de sortir deux albums sous forme de cassette six-titres, Les Djelys, et, un an après une tournée nationale, Missiri.

« Eveiller les consciences » 

L'artiste prend réellement conscience de son engagement politique lorsqu'ont lieu de violentes manifestations à la suite des élections organisées après la mort du président Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993. Dès lors, Tiken Jah Fakoly prend la parole au nom d'une jeunesse désabusée et révoltée. C'est tout d'abord Mangercratie qui paraît en 1996, dénonçant la corruption politique et dont le single homonyme fait le succès de l'artiste, malgré les réticences - voire les censures - de certains médias. Le chanteur remplit les salles et est de tous les festivals d'Afrique de l'Ouest.

Tiken Jah Fakoly veut à présent faire entendre sa voix en Europe. Les ventes conséquentes de l'album en Afrique (500 000 exemplaires) interpellent les professionnels du disque français. Invité à jouer à la péniche Makara à Paris en 1998, puis au Divan du Monde dans le cadre des festivals Africa Live au Bataclan et Musiques Métisses, il ne tarde pas à se faire remarquer et se produit en première partie de Sinsemilia à l'Elysée Montmartre. Le groupe français a un coup de coeur pour l'artiste et l'engage quelques mois plus tard pour toute sa tournée. Parallèlement, il continue de tourner en Afrique, notamment au Burkina Faso.

L'année suivante marque un tournant dans la carrière internationale du chanteur, qui part donner des concerts aux Etats-Unis. Accompagné de musiciens jamaïcains, il joue à New York et Philadelphie. Fort de son succès, il prépare un second album, mixé à Kingston au célèbre studio Tuff Gong de Bob Marley, alors que le premier sort à peine en France et que débute la tournée avec Sinsemilia. Cours d'Histoire (1999) connaît le même succès que Mangercratie auprès du public africain.

Mais, la même année, les événements politiques de son pays rattrapent Tiken Jah Fakoly, qui s'empresse de réaliser un album en réponse au putsch attribué au général Robert Guéï : Le Caméléon, sorti exclusivement sur le territoire ivoirien. En même temps qu'ont lieu de violentes manifestations dans son pays pendant les élections, le chanteur fait connaître la situation de son peuple en France en parcourant les festivals, le Printemps de Bourges, le Garance Reggae Festival, en jouant en première partie d'Israël Vibration et reçoit le prix RFI Découverte en 2000.

L'ampleur de son succès pousse le chanteur à abandonner sa maison de disque et à signer chez Barclay. Avec des moyens conséquents, il retourne en Jamaïque, aux studios Tuff Gong, réaliser l'album Françafrique, une réédition de ses meilleurs titres destinée au public européen, auquel collaborent des artistes locaux de premier plan : U-Roy, Anthony B, Sly and Robbie... L'opus, suivi d'une tournée, sort en 2002.

Faire tomber les frontières

L'engagement de l'artiste, devenu gênant dans un pays en perpétuel conflit, l'oblige à s'exiler au Mali, à Bamako. Tiken Jah participe à l'album Drop the Debt (Annulons la Dette) en 2003, de même que Massilia Sound System, Cesária Évora ou encore Fernanda Abreu, afin de sensibiliser le public à la cause de l'annulation de la dette des pays du Tiers-monde. C'est à l'étranger, où on lui donne les moyens de s'exprimer, que ses dénonciations font écho. Il le constate en 2003, le soir des Victoires de la Musique, où il reçoit le prix dans la catégorie « Album Reggae/Ragga/World » de l'année (partagé avec les Corses d'I Muvrini). C'est ce soir-là qu'un plus large public découvre le chanteur et son discours militant. Ironie du sort, son succès lui vaut même quelques coups de fils inattendus d'hommes politiques ivoiriens de chaque camp tenant à le féliciter.

En 2004, sort Coup de Gueule, également enregistré au studio Tuff Gong, album d'un exilé ouvert sur le monde, comme en témoignent les diverses collaborations : Mouss, Hakim et Magyd Cherfi (tous trois membres de Zebda), Didier Awadi (du groupe de rap sénégalais Positive Black Soul) ou encore Saramba Kouyaté. Après deux disques d'or, de nombreux concerts, festivals internationaux (excepté dans son pays) et apparitions sur les albums de divers artistes, Tiken Jah Fakoly crée son propre label Fakoly Production et produit de jeunes talents dont Beta Simon (pour l'album Kraity Payan Guez, sorti en mai 2007 en France) dans son studio d'enregistrement à Bamako. Puis il y enregistre un nouvel opus, intitulé L'Africain, auquel collabore à nouveau Magyd Cherfi, avec qui le reggaeman partage des positions politiques communes au sujet de l'Afrique et sa diaspora. Il va promouvoir le disque en tournée et passe par l'Olympia.

Après cinq années d'exil, le chanteur ivoirien peut enfin retourner dans son pays calmé par un traité de réconciliation nationale et retrouve son public pour un concert à Abidjan. Un retour célébré par un grand concert de réconciliation en Côte d'Ivoire où sont présents des artistes ivoiriens de renom : Ismaël Isaac, Serge Kassi, Fadal Dey et Beta Simon. Mais le militantisme de l'artiste lui vaut une nouvelle interdiction de territoire, cette fois-ci au Sénégal où il est déclaré persona non grata à la suite de déclarations contre le régime du président Abdoulaye Wade.

Impliqué dans le combat pour l'annulation de la dette africaine, Tiken Jah Fakoly se rapproche de plus en plus du mouvement altermondialiste et s'engage dans des manifestations anti-G8. Les défenseurs de la liberté d'expression reconnaissent en lui l'arme de contre-pouvoir indispensable dans une Afrique souvent corrompue, comme en témoigne le prix Freemuse qui lui a été décerné en Suède pour son combat. Le chanteur vit donc au Mali, devenu son pays d'adoption, et continue à oeuvrer pour la paix en lançant avec chaque nouvel album un pavé dans la mare.

Le combat ardemment défendu avec African Revolution en 2010, concerne l'éducation, priorité des priorités. Ne se contentant pas de belles paroles, Tiken Jah Fakoly anime le mouvement "Un concert, une école" qui permet la construction de classes d'école au Mali et en Côte d'Ivoire. En mars 2013, Tiken Jah Fakoly est le personnage central du documentaire Sababou qui se penche sur les nombreux problèmes de l'Afrique et de la Côte d'Ivoire. Le chanteur est de retour en juin 2014 avec Dernier Appel dont les thèmes restent invariables et qui peut compter sur les participations d'Alpha Blondy, Nneka et Patrice. Copyright 2014 Music Story Nadia Hammami

Doumbia Moussa Fakoly de son vrai nom, est né le 23 juin 1968 à Odienné, en Côte d'Ivoire, issu d'une famille de guerriers mandingues, en l'occurrence de l'ethnie Malinké. Excellent danseur, adolescent, il préfère les pistes de danse aux bancs de l'école. Il est alors envoyé dans un petit village par son père déçu de ses résultats scolaires. Loin de la présence paternelle et du poids familial, il va enfin se sentir libre de cultiver ce qui est devenu sa passion : la musique. Celui qui se fera bientôt appeler Tiken Jah (Tiken qui est le dérivé de Tiani qui veut dire « petit garçon » en Malinké) découvre le reggae en 1977. Il estime perpétuer la tradition familiale des Fakoly : « nous sommes des guerriers, ceci explique peut être le pourquoi de mon engagement », avance-t-il dans une interview au site internet Au-Senegal.com.

Tiken Jah Fakoly enregistre une première maquette, fruit de sa rencontre avec Joffrey, un guitariste guinéen, puis décide de monter un groupe pour pouvoir se produire sur scène. Il forme, en 1987, les Djelys, en référence au terme malinké « djéli » (« sang »), nom donné aux griots de cette tribu (transmission par le sang) car comme le veut l'adage, « on ne devient pas griot, on naît griot ». Les Djelys se font un petit nom chez eux et décrochent en 1992 la première partie de la star du reggae ivoirien, Solo Jah Gunt. Mais c'est lors du Marlboro Rockin', concours donné en 1993 par le fabricant de cigarettes, que les choses vont s'accélérer pour le groupe. Il termine quatrième sur deux cents et attire ainsi le regard des médias nationaux. La même année, ils décident donc de sortir deux albums sous forme de cassette six-titres, Les Djelys, et, un an après une tournée nationale, Missiri.

« Eveiller les consciences » 

L'artiste prend réellement conscience de son engagement politique lorsqu'ont lieu de violentes manifestations à la suite des élections organisées après la mort du président Félix Houphouët-Boigny en décembre 1993. Dès lors, Tiken Jah Fakoly prend la parole au nom d'une jeunesse désabusée et révoltée. C'est tout d'abord Mangercratie qui paraît en 1996, dénonçant la corruption politique et dont le single homonyme fait le succès de l'artiste, malgré les réticences - voire les censures - de certains médias. Le chanteur remplit les salles et est de tous les festivals d'Afrique de l'Ouest.

Tiken Jah Fakoly veut à présent faire entendre sa voix en Europe. Les ventes conséquentes de l'album en Afrique (500 000 exemplaires) interpellent les professionnels du disque français. Invité à jouer à la péniche Makara à Paris en 1998, puis au Divan du Monde dans le cadre des festivals Africa Live au Bataclan et Musiques Métisses, il ne tarde pas à se faire remarquer et se produit en première partie de Sinsemilia à l'Elysée Montmartre. Le groupe français a un coup de coeur pour l'artiste et l'engage quelques mois plus tard pour toute sa tournée. Parallèlement, il continue de tourner en Afrique, notamment au Burkina Faso.

L'année suivante marque un tournant dans la carrière internationale du chanteur, qui part donner des concerts aux Etats-Unis. Accompagné de musiciens jamaïcains, il joue à New York et Philadelphie. Fort de son succès, il prépare un second album, mixé à Kingston au célèbre studio Tuff Gong de Bob Marley, alors que le premier sort à peine en France et que débute la tournée avec Sinsemilia. Cours d'Histoire (1999) connaît le même succès que Mangercratie auprès du public africain.

Mais, la même année, les événements politiques de son pays rattrapent Tiken Jah Fakoly, qui s'empresse de réaliser un album en réponse au putsch attribué au général Robert Guéï : Le Caméléon, sorti exclusivement sur le territoire ivoirien. En même temps qu'ont lieu de violentes manifestations dans son pays pendant les élections, le chanteur fait connaître la situation de son peuple en France en parcourant les festivals, le Printemps de Bourges, le Garance Reggae Festival, en jouant en première partie d'Israël Vibration et reçoit le prix RFI Découverte en 2000.

L'ampleur de son succès pousse le chanteur à abandonner sa maison de disque et à signer chez Barclay. Avec des moyens conséquents, il retourne en Jamaïque, aux studios Tuff Gong, réaliser l'album Françafrique, une réédition de ses meilleurs titres destinée au public européen, auquel collaborent des artistes locaux de premier plan : U-Roy, Anthony B, Sly and Robbie... L'opus, suivi d'une tournée, sort en 2002.

Faire tomber les frontières

L'engagement de l'artiste, devenu gênant dans un pays en perpétuel conflit, l'oblige à s'exiler au Mali, à Bamako. Tiken Jah participe à l'album Drop the Debt (Annulons la Dette) en 2003, de même que Massilia Sound System, Cesária Évora ou encore Fernanda Abreu, afin de sensibiliser le public à la cause de l'annulation de la dette des pays du Tiers-monde. C'est à l'étranger, où on lui donne les moyens de s'exprimer, que ses dénonciations font écho. Il le constate en 2003, le soir des Victoires de la Musique, où il reçoit le prix dans la catégorie « Album Reggae/Ragga/World » de l'année (partagé avec les Corses d'I Muvrini). C'est ce soir-là qu'un plus large public découvre le chanteur et son discours militant. Ironie du sort, son succès lui vaut même quelques coups de fils inattendus d'hommes politiques ivoiriens de chaque camp tenant à le féliciter.

En 2004, sort Coup de Gueule, également enregistré au studio Tuff Gong, album d'un exilé ouvert sur le monde, comme en témoignent les diverses collaborations : Mouss, Hakim et Magyd Cherfi (tous trois membres de Zebda), Didier Awadi (du groupe de rap sénégalais Positive Black Soul) ou encore Saramba Kouyaté. Après deux disques d'or, de nombreux concerts, festivals internationaux (excepté dans son pays) et apparitions sur les albums de divers artistes, Tiken Jah Fakoly crée son propre label Fakoly Production et produit de jeunes talents dont Beta Simon (pour l'album Kraity Payan Guez, sorti en mai 2007 en France) dans son studio d'enregistrement à Bamako. Puis il y enregistre un nouvel opus, intitulé L'Africain, auquel collabore à nouveau Magyd Cherfi, avec qui le reggaeman partage des positions politiques communes au sujet de l'Afrique et sa diaspora. Il va promouvoir le disque en tournée et passe par l'Olympia.

Après cinq années d'exil, le chanteur ivoirien peut enfin retourner dans son pays calmé par un traité de réconciliation nationale et retrouve son public pour un concert à Abidjan. Un retour célébré par un grand concert de réconciliation en Côte d'Ivoire où sont présents des artistes ivoiriens de renom : Ismaël Isaac, Serge Kassi, Fadal Dey et Beta Simon. Mais le militantisme de l'artiste lui vaut une nouvelle interdiction de territoire, cette fois-ci au Sénégal où il est déclaré persona non grata à la suite de déclarations contre le régime du président Abdoulaye Wade.

Impliqué dans le combat pour l'annulation de la dette africaine, Tiken Jah Fakoly se rapproche de plus en plus du mouvement altermondialiste et s'engage dans des manifestations anti-G8. Les défenseurs de la liberté d'expression reconnaissent en lui l'arme de contre-pouvoir indispensable dans une Afrique souvent corrompue, comme en témoigne le prix Freemuse qui lui a été décerné en Suède pour son combat. Le chanteur vit donc au Mali, devenu son pays d'adoption, et continue à oeuvrer pour la paix en lançant avec chaque nouvel album un pavé dans la mare.

Le combat ardemment défendu avec African Revolution en 2010, concerne l'éducation, priorité des priorités. Ne se contentant pas de belles paroles, Tiken Jah Fakoly anime le mouvement "Un concert, une école" qui permet la construction de classes d'école au Mali et en Côte d'Ivoire. En mars 2013, Tiken Jah Fakoly est le personnage central du documentaire Sababou qui se penche sur les nombreux problèmes de l'Afrique et de la Côte d'Ivoire. Le chanteur est de retour en juin 2014 avec Dernier Appel dont les thèmes restent invariables et qui peut compter sur les participations d'Alpha Blondy, Nneka et Patrice. Copyright 2014 Music Story Nadia Hammami


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