Si la formation se cherchait sur le premier disque éponyme,les musiciens ont donné la primeur du son YES à ce second album.
Le groupe s'est adjoint ici des services d'un orchestre à cordes et d'une section cuivres.
Ouf! les travers de ce type d'expérience ont été évités.Pas de pseudo classique pompeux à la sauce pop, comme celui que nous servira l'un de leurs futurs organistes au cours d'une carrière solo parallèle.De plus les prétentions de Jon Anderson et Chris Squire sont encore mesurables.A cette époque ils ne se sont pas encore imaginés venir du soleil.
L'alchimie assez réussie met en exergue la fougue des cinq musiciens,comme dans "Opportunity necessary..." ou le souffle des cuivres fait tourbillonner les violons avant que la basse véloce et racée de Chris Squire ne transforme le mouvement en tornade.Appuyée tout au long de l'album par la batterie cinglante et vociférante du faiseur d'orage qu'est Bill Bruford,elle propulse de son wrombissement moteur les différents opus où ici et là les entrechats et breaks d'un orgue rocailleux et d'une guitare volubile font rage.
Les choeurs aériens,certain héritage des Beach Boys survolent la section rythmique inimitable tandis que la voix cristalline de Jon Anderson éclaire les accalmies de son halo magique.
En somme "Time and a word" jette les bases d'un style passionnant,très personnel qui contribuera à travers les oeuvres à venir aux riches heures du rock des années 70.
A noter:Tony Kaye à l'orgue et Peter Banks à la guitare (ce dernier décidera de quitter le groupe à la fin de l'enregistrement).