Mississippi. Une petite fille noire est attaquée et violée par deux jeunes hommes blancs qui prennent la fuite en la laissant sans connaissance. Elle en réchappe miraculeusement mais ne pourra plus avoir d'enfants. Les deux violeurs sont arrêtés par la police locale, mais il est vraisemblable qu'ils soient libérés sous caution et risquent même de s'en sortir sans peine de prison comme cela a été le cas lors de précédentes affaires, la justice du Sud étant plus favorable aux blancs qu'aux noirs.
Le père se cache dans le tribunal et lorsque les deux violeurs y sont transférés pour l'audience de caution, les abat avec un fusil automatique. Arrêté à son tour, il va passer en jugement et risque la chambre à gaz. En tout cas, c'est le résultat auquel veut parvenir le procureur local. Le père fait appel à un jeune avocat blanc pour tenter de le sortir de là. Aidé par une jeune étudiante en droit, l'avocat va chercher à faire acquitter son client ce qui n'est pas une mince affaire car il va devoir affronter un président qui ne lui est pas favorable, un jury qui ne compte aucun juré noir et le Ku Klux Klan.
A time to kill est un bon film judiciaire. Sur le fond, le film pose la question de savoir si l'on a le droit de faire justice soi-même lorsque la justice ne fonctionne pas. En droit, la réponse est non. Le droit a été institué pour éviter notamment la vengeance privée incompatible avec la vie en société et il ne saurait être dérogé à ce principe. Le film donne une réponse un peu différente, même si en pratique il n'est pas certain que ce soit la réponse qui aurait la plus grande probabilité d'être fournie dans un cas réel.
Au-delà de ce débat de fond et de l'action du film, il vaut surtout pour la mise en scène de la technique du procès, en termes de tactique et de stratégie judiciaire, le plus grand stratège et tacticien étant d'ailleurs en l'espèce le client qui donne à son avocat d'excellents conseils pour gagner sa cause.