La plus grande qualité de "Time out" est sa trouvaille scénaristique de départ. Dans une univers de science-fiction situé en 2070, l'organisation de la société est désormais organisée et régulée autour du "temps" qui a remplacé l'argent comme valeur monétaire. A partir de l'âge de 25 plus personne ne vieilli. Mais l'immortalité n'est pas pour autant au bout du chemin, car chaque individu ne débute alors son existence qu'avec un crédit d'un an seulement et doit "gagner sa vie" en gagnant, en capitalisant, en empruntant voire en volant du temps, comme on le fait plus classiquement avec de l'argent. Cette bonne idée est également bien mise en valeur visuellement, avec le compteur à 13 chiffres verts, à la fois porte monnaie et compte à rebours vital, implanté sur l'avant-bras de chaque être humain. Treize 0 et c'est la mort instantanée, 13 chiffres et c'est l'espérance d'une vie d'un million d'années...
Le scénario du film peine par contre à mettre totalement en valeur l'univers pourtant très crédible qu'il met en scène. L'intrigue se limite malheureusement à celle d'un film d'action, sur le thème éternel et universel d'un "Robin des Bois" qui vole aux pauvres pour donner aux riches, accompagné d'une histoire d'amour très classique. La complexité économique et philosophique de l'argument aurait sans doute pu être mieux développée et exploitée - qui sont vraiment les "maîtres du temps" et leurs motivations - et les seconds rôles auraient gagnés à être plus fouillés qu'ils ne le sont. Il reste au bout du compte un bon film de science-fiction et d'action, avec de belles qualités visuelles et une réalisation dynamique. Justin Timberlake confirme son tournant réussi vers le monde du cinéma comme Amanda Seyfried affirme sa beauté et son talent.