Le chef d'oeuvre de KS, selon le musicien lui-même. Deux "faces" opposées :
"Bayreuth Return" est un long morceau froid comme un ciel bleu au-dessus d'une mer de nuages infinie...... Un tissu d'une finesse extrême, à la trame évoluant doucement, sous-tendue par la basse synthétique répétitive comme un morceau de Steve Reich. Quelques brisures par moments (comme un trou d'air, un éclat furtif de rayon solaire, un endormissement éclair) et on repart jusqu'au mémorable atterrissage final...
Changement de décor avec "Wahnfried 1883"; on est en plein romantisme (au sens littéraire du terme), et c'est surtout ce morceau qui à mon avis justifie la dédicace à Richard Wagner : extrême mélancolie, profondeur des nappes sonores, changement de climats, final comme une tempête, et reflux puis plus rien...
On est abasourdi après ce voyage évoquant des ciels sombres, des arbres noirs malmenés par le vent sur les rivages de la mer Baltique, des fleuves sinueux baignés d'une lumière rougeoyante et trouble... Perdu mais heureux !