TITANIC est une fable tristement réelle qui conte la naissance d'un amour et la mort d'un mythe réputé insubmersible, le progrès humain.
La musique de James Horner est d'abord douce et impassible (« Never an Absolution »), délicate et émouvante à un point rarement atteint dans l'histoire des love themes (« Rose » et sa sensibilité finement exacerbée), puis enthousiaste et candide (« Leaving Port », « Take Her to Sea Mr. Murdoch »). Elle s'envole ainsi trop loin, trop haut, à l'image d'un amour emprisonné par des conventions sociales qui prend un envol interdit et à l'image d'une société humaine qui a voulu se prendre pour Dieu et défier les océans dans la plus grande machine mobile jamais construite sur la planète.
James Horner perce le temps par la mémoire (musique celtique au ton universel et intemporel, voix angéliques synthétisées et semblant ainsi venir d'outre-tombe), et s'il magnifie l'amour pour finalement plonger toutes ces illusions dans un véritable cataclysme musical (« The Sinking », « Death of Titanic », d'une rage et d'une puissance divines), c'est pour mieux transcender ensuite le temps et la mort en démontrant que les forces destructrices peuvent couler l'insubmersible, provoquer la souffrance et arracher la vie, et en nous convainquant par la musique (force créatrice) que la mort ne pourra jamais au grand jamais freiner l'amour, que les c½urs sont éternels, même s'ils cessent un jour de battre. L'amour dépasse les barrières de la mort et du temps (« A promise Kept », « My Heart Will Go On »). L'amour est lui, le véritable navire insubmersible de l'Homme.
Il faudra également désormais compter avec la musique de James Horner qui explore de manière virtuose d'infinis visages des sentiments humains : sereine, heureuse, émouvante, élancée, puis brusquement tempétueuse et déchirante, et enfin magnifique, spirituelle, universelle, éternelle,...