Brillants diplômés de l'Université Power-Pop, les New Pornographers démontrent une nouvelle fois leur talent pour trousser des mélodies efficaces et entraînantes, servies par les voix impeccables des quatre chanteurs.
Mélodique, accrocheur, bien interprété et bien arrangé, Together bénéficie de la présence de quelques pépites, qui donnent envie d'ouvrir les fenêtres, de lever les bras au ciel, de sourire bêtement au ciel, et de tourner en rond en sifflotant. Tout ce qu'on attend de la pop sucrée et futile, en somme.
'Moves', 'Crash Years', 'Your Hands (Together)' ainsi que les deux morceaux de Dan Bejar (du groupe Destroyer), 'Silver Jenny Dollar' et 'Daughters of Sorrow' fonctionnent ainsi parfaitement.
Malgré ces quelques franches réussites, auxquelles on peut rajouter le titre final 'We End Up Together', l'album ne suscite pourtant pas un enthousiasme démesuré. Moins jubilatoire et exubérant que ses prédécesseurs les plus énergiques,
Mass Romantic,
Electric Version et
Twin Cinema, il pâlit de la comparaison, un peu trop sage et monotone, un peu trop 'sérieux'.
Depuis l'album
Challengers, plutôt raté, la tendance générale du groupe semble être de ralentir les tempos et d'enrichir les orchestrations, probablement dans l'optique d'aboutir à des chansons à plus forte charge émotionnelle. A mon sens ce n'est pas la direction qu'auraient du privilégier les canadiens. Privées de leur énergie brute et de propulsion rythmique, ces compositions aussi finement ouvragées soient-elles ne provoquent dans nos tripes guère de remous durables, et s'oublient relativement vite.
Grande rasade de pop fruitée, Together est à n'en pas douter un plutôt bon disque. Il sera accueilli avec plaisir par les habitués du groupe. Il est cependant moins recommandable que ses excellents prédécesseurs suscités pour se faire une idée des électrisantes chansons à sensation que savent concocter les New Pornographers.