Une jeune femme en dérive avec pour seul ancrage une obsession, le massacre de Nankin en 1937, à travers une phrase lue dans un livre interdit de séjour en sa maison familiale.
Une phrase suffisamment marquante pour inscrire toute sa vie dans une trajectoire.
Ailleurs, c'est un vieil homme, qui inscrit sa mémoire sur quelques feuilles de papier.
Nankin, 1937, il y était.
La guerre entre les japonais et les chinois en prélude à la deuxième guerre mondiale, une guerre dont les horreurs sont gommées par les négationnistes, par la droite japonaise avec la complicité des américains. Ce n'est pas pour rien que ces derniers ont reconstruit le Japon selon leurs v½ux et leurs enjeux stratégiques.
Et puis, il y a le drame personnel de deux individus qui se révèlent peu à peu.
C'est un thriller. L'angoisse est présente dès le début et va en augmentant. On voudrait poser le livre parce que cette angoisse vous serre la gorge comme les immeubles de Tokyo nous enserrent mais c'est impossible. Il faut tenir jusqu'au bout.
Mo Hayder a le talent des mots pour vous tenir en haleine.
Le choix du sujet, un des massacres du XX e siècle, y est pour beaucoup. On sait que l'horreur, c'est toujours pire que ce que l'on imagine.
Une image, quelques mots, et votre inconscient n'oubliera jamais.