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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Un tour de force littéraire,
Par Gisela Rajputana (Paris, France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tokyo ville occupée (Broché)
Au départ, il y a un fait divers connu, documenté, une affaire criminelle célèbre. Ce qu'en fait David Peace est un tour de force tout à fait inattendu.Ce qui m'a frappé le plus dans ce livre, c'est que pour varier l'approche polyphonique des douze témoignages (douze voix, douze points de vue), David Peace rend mine de rien hommage aux oeuvres qu'il admire : "Rashômon" d'Akutagawa, bien sûr, "Le journal d'un fou" de Gogol (Huitième chandelle), un classique du théâre Nô (douzième chandelle), et nous donne même une réécriture du "Woyzeck" de Georg Büchner (Neuvième chandelle) ' « Combien coûte un couteau pour me trancher la gorge ? » J'en regrette presque que le nom de la collection, sur la couverture "RIVAGES/THRILLER" ait détourné de ce livre les critiques littéraires "sérieux" qui n'ouvrent jamais un polar. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Tokyo: post-war, backstage...,
Par JoBill (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tokyo ville occupée (Broché)
C'est écrit comme un scenario de cinéma, avec un événement central et quelques âmes mal menées par l'Histoire y étant confrontées, chacune depuis sa propre perspective, avec ses propres priorités, ses propres démons.L'ensemble semble être basé sur des faits historiques concernant les premiers pas de la mise en place de ce que l'on connaît aujourd'hui comme étant la guerre bactériologique. La forme est très particulière, parfois troublante et dérangeante tellement on est proche de la forme écrite d'un scenario de film, mais il est possible de s'y plonger, le lecteur étant étrangement amené à imaginer ce que pourrait être les scènes associées à un chapitre ou à un autre. Si l'on réussit à apprivoiser la forme un peu spéciale de l'ensemble, ce livre est une expérience qui peut être déroutante tout en restant très intéressante. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
4.0 étoiles sur 5
"Dans la ville occupée, cette ville est un cercueil",
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tokyo ville occupée (Broché)
Second volet de la trilogie consacrée à la capitale nippone, Tokyo ville occupée est une oeuvre férocement fantasmagorique ceinte d'une atmosphère macabre et spectrale. "Ce livre de l'Hiver, livre inachevé du crime non élucidé" s'accomode mal de la tentation béate tant le récit polyphonique proposé remise dans l'opprobre ne serait-ce qu'un furtif éclat scintillant: la narration, davantage que celle de Tokyo année zéro, est irradiée d'une noirceur absolue.S'inspirer d'un fait divers tragique, la mort de douze personnes empoisonnées en janvier 1948 dans une succursale de la Banque Impériale, offre l'occasion à David Peace de remuer les tisons d'un passé traumatisant, abordé essentiellement sous l'angle des expériences bactériologiques menées sur des prisonniers de guerre par l'armée japonaise en Mandchourie, au sein de l'unité 731. Tokyo ville occupée s'affirme comme une réussite majeure dans l'univers du roman noir et surpasse aisément Tokyo année zéro, tant par son originalité formelle que par son empreinte funèbre. S'il emprunte la structure narrative fragmentée en témoignages à l'écrivain Akutagawa, force est d'admettre que cette inspiration est louable, le procédé amenant le lecteur à compulser faits, indices, révélations afin d'établir une vérité sur les meurtres commis. Une vérité présumée soumise à conjectures plausibles... Douze trépas au sein d'une nation qui se relève malaisément de l'apocalypse, autant de chandelles qui se consumment après l'expiration de chacun des douze "contes de terreur" rapportés ( récits de policiers, d'accusé, de survivant, de militaire,...), charriant une vérité amère sur l'autel du désespoir d'une ville occupée, fictive, occulte. Ce livre prête-voix, à l'instar d'autres romans de l'auteur, n'échappe pas aux codes stylistiques "peaciens" et notamment à l'utilisation, parfois abusive, de l'anaphore, caractérisée par la reprise d'expressions, de mots sur le mode incantatoire ici. Si ces effets de style tendent à rebuter d'emblée une frange de lecteurs, leur prégnance accentue toutefois l'ampleur de la chape de plomb morale et l'emprise de la déréliction qui s'abattent sur la population nippone. David Peace est un écrivain singulier et ambitieux dans le registre du roman noir tant ses choix narratifs épousent la tonalité funeste du récit, rythmé par une mélopée accablante. La diversité des récits proposés (rares sont les récits faiblards ou pénibles à parcourir) rend l'ouvrage attrayant, extirpant de sa langueur un lecteur, en qui je me reconnais, quelque peu désappointé par la narration syncopée du premier opus. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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