le récit met-en-scène des occupants et des rebelles qui luttent pour les villes d'Inaménas et d'Ectabane et de leurs dépendances -pour faire simple- mais ce roman indescriptible est un flot continu d'images marquantes, d'odeurs fortes, d'ambiances inoubliables, de fantasmes réalisés -tout y passe du SM très, très hard, des viols de femmes, fillettes, garçonnets, adolescents, de la zoophilie etc- ; presque 500 pages de violence, de désir, de pulsions de mort et où le sexe est continuel sous toutes ses formes, rarement -excepté Serge et sa belle-mère Emilienne- accompagné de tendresse ; c'est une synecdoque de toutes les guerres en poussant au paroxysme les horreurs de la seconde guerre mondiale -particulièrement les nazis avec les dominants et les sous-hommes réduit en esclavage- de la guerre d'indépendance algérienne, ainsi que celle d'Indochine et nous annonçant -le livre est écrit en 65/66- la guerre du Vietnam , ainsi que les khmers rouges et leur auto-génocide ; c'est un livre dédié aux hommes capable de mettre le nez dans leurs propres excréments ; c'est une épopée de l'horreur de laquelle vous ne sortirez pas indemne et dont les phrases incantatoires qui exhalent des odeurs d'excréments, de pisse, d'ordures, de sueur, de sperme, de sang bouillant, de mouille, de vomis, de lait de femmes, qui grouillent de rats, de cafards, de bêtes innommables , où le sadisme est monnaie courante, où la loi est celle du vainqueur -mais sans l'humour de Sade- ; bref un torrent de mots incandescents qui me semble indispensable car unique et rare. Âmes sensibles s'abstenir !