Du spleen et une ambiance noire, voilà comment on pourrait résumer Tonight's The Night , 8ème album du Loner, enregistré en 1973 et sorti en 1975. Sombre et sincère, doux et douloureux, fragile, déchirant, humain.... En effet, Neil Young qui vit mal sa notoriété grandissante, vient de perdre deux amis, Danny Whitten (son guitariste du Crazy Horse qu'il a viré pour son addiction à l'héroïne quelques jours plus tôt et retrouvé mort d'overdose) et Bruce Berry, un de ses techniciens, emporté par le même fléau. Neil Young, qui culpabilise, sait de quoi il parle quand il dit que drogue et musique ne sont pas amies (The Needle and The Damage Done). Neil Young plonge alors dans une grosse déprime et va écrire toute une série de titres noirs. Bref, on est bien loin de l'ambiance bucolique d'Harvest et du CSNY (Crosby, Stills, Nash and Young) mais Tonight's The Night est poignant, un très très grand disque. Le canadien y hurle sa peine, y crache sa haine, et expose sa grande tristesse. Son blues est sans joie mais terriblement profond. Je ne relèverai pas un titre plus qu'un autre car dans Tonight's The Night, on écoute du début à la fin. Celui qui a perdu un proche sera plus réceptif. Tonight's The Night est un hommage sincère et puissant. Alors, vous éteignez la lumière, vous prenez un bon godet, vous fermez les yeux et vous partagez la douleur et l'émotion. Mais accrochez-vous car l'accès est difficile ! Ultime précision : le Loner fait même peur sur la pochette avec son look Charles Manson, cheveux longs, lunettes, noires, costard fripé... Neil Young, qui aime profondément cet album, dit de Tonight's The Night : « Ne l'écoutez jamais en vous levant ! ». C'est tout dire...