Après Monument Records, c'est au tour de Warner Bros de chapeauter la carrière de Tony Joe White. Avec ses nouveaux partenaires, le louisianais boucle ce qui est, pour son compte personnel, son quatrième LP et ce, en à peine un peu plus de deux ans. Les sessions d'enregistrement de l'éponyme Tony Joe White (1971), produit par Peter Asher (le Peter du Peter & Gordon), se répartissent entre le Memphis Recording Studio et le studio Ardent, également de Memphis. Le moins que l'on puisse en dire est que Monsieur Tony est vraiment le caïd du bayou. Repassée à la moulinette, quarante ans plus tard, la musique de ce disque impose un premier constat : elle n'a pas pris une ride. Deuxio : Swamp Fox atteint ici un très haut niveau, tant dans son jeu que dans son écriture, qui permet à de superbes pièces d'éclore, comme The Change, They Caught The Devil And Put Him In Jail In Eudora-Arkansas, Black Panther Swamps, Copper Kettle et à des Voodoo Village, Five Summers For Jimmy, A Night In The Life Of A Swamp Fox de se faire une petite place au soleil du sud. Troisième point : les thèmes récurrents des albums précédents sont reconduits. Du classique donc. On aurait aimé que Monsieur Tony, pour l'occasion plutôt introspectif, nous étonne un peu plus, même si l'apport de la section de cuivres de Memphis et des musiciens du studio de Muscle Shoals est une agréable surprise, doublée d'une initiative réussie. Tant que l'artiste continuera à voler aussi haut, on ne fera pas la fine bouche : on met dans le caddy (PLO54).