Je rejoins le précédent commentaire dans l'appréciation de ce disque, mais sans m'étonner outre-mesure de la rareté des chroniqueurs pour ce genre de poésie où l'intime charrie pourtant tellement d'universel.
Cet album, il vaut mieux l'apprivoiser comme un animal un petit peu sauvage, aux griffes abîmées. On l'écoutera par les yeux, bleus, verts, noisette, gris... On le laissera venir se frotter à notre c½ur, chaud, frissonnant, tactile, tendre.
Chaque mot tranché dans l'ami, dans la femme ou dans personne, trouve comme toboggan sa note de pluie ou de soleil, l'ombre jamais loin, forcément.
Ce CD, c'est de l'ému ciselé. Balafres intérieures.
On y trouve la lessive des pauvres mamans et la main fraternelle du pote Pierrot, posée en haut du dos. On y apprend de vieilles histoires qui finissent grecquement. Tragédie et soif de vivre, joie de les chanter toutes deux. Cela semble d'abord se nicher hésitant au fond de la gorge, pour rayonner épars quelque part, dans un puits de science humaine. Il n'y a qu'à tapoter avec votre souris sur "Pierrot", vous entrez d'emblée dans ce puits. Ce n'est pas plus compliqué.