Voici un vrai "clito movie" - un film où son héroïne angoissée n'a de cesse de rechercher son clitoris "perdu".
Les situations décrites ne sont jamais scabreuses et le film n'est jamais vulgaire malgré un sujet aussi délicat que "tabou".
Orienté sur la quête de plaisir "mécanique" et "désentimentalisé" axé à 100% sur le petit "organe magique" de sa sympathique héroïne (Louise/Marie GILLAIN), l'histoire est contée sur un ton toujours léger et innocent.
Marie GILLAIN est parfaite, à irradier fraicheur, pétillance, naturel et spontanéité dans un rôle qui semblerait écrit pour elle à la lettre près, chaque soupire (de déceptions) ou râle (de plaisirs) raisonnent avec vérité dans l'oreille du spectateur.
"TOUT LE PLAISIR EST POUR MOI" est un film "féministe" très sympathique, loin de tous militantismes caractériels et de toutes provocations faciles - le récit plaide moralement pour le plaisir féminin et les bienfaits psychosomatiques et psychologiques imputables à une vie sexuelle épanouie dégagée de toutes mauvaises consciences et névroses aliénantes,
- en cela, les modifications comportementales chez celles qui découvrent tardivement leurs potentiels hédoniques sont joliment illustrées dans "l'éveil à la vie" de la soeur (Félicie/Garance Clavel) et de la mère (Nicole/Brigitte Roüan) de Louise.
D'ailleurs, le film joue avec humour sur l'inversion synchronique de Louise et de sa famille - alors que les membres féminins de sa famille sont en phase de libération sexuelle, Marie subit le "mutisme sensoriel" de son organe capricieux.
L'une des scènes clés (entre vieilles dames) montre frontalement l'évolution des mentalités sexuelles inter générationnelles suite à des siècles de terrorismes moraux et d'obscurantisme religieux misogyne.
Paradoxalement, le remède du "mal de Marie" est sociologiquement et moralement rétrograde parce que l'héroïne ne peut retrouver son "Graal charnel" qu'en assumant ouvertement ses sentiments envers son amant dévoué.
Pas si féministe en fin de compte...