Devenue veuve à 88 ans, Lady Slane décide de se réapproprier sa vie et de se retirer d'un monde peuplé « d'esprits aussi équilibrés que les comptes d'une entreprise. », dans lequel « la fortune et un titre étaient les seuls critères de réussite. »
Les première et troisième parties du livre sont assez narratives, agréables à lire malgré quelques maladresses. Mais la partie centrale du livre justifie à elle seule cinq étoiles pour le livre entier.
Dans sa retraite, Lady Slane revisite sa vie, réanime ses rêves de jeune fille et analyse l'impact qu'a eu sa condition de femme. Sans être pesantes ou démagogiques, ses réflexions mettent en lumière les dilemmes qu'affrontent encore toutes les femmes dont les besoins primaires sont satisfaits : « elle n'était pas féministe, étant trop raisonnable pour se permettre le luxe d'un impossible matyre. » « Et si les femmes trop avides de révolte et de nouveauté privaient le monde du peu de poésie et de charme qui lui restait ? » « Mais en même temps, quelque chose l'offensait : l'insupportable masculinité triomphante, l'abjecte soumission féminine. » Pas étonnant que ce livre ait plu à Virginia Woolf. De plus, ces réflexions ont pour cadre un monde qui est lui aussi toujours d'actualité.
Ce livre devrait être une lecture obligatoire pour toutes les jeunes filles qui s'apprêtent à faire leur entrée au bal des débutantes. Mais il provoquera aussi bien des émotions à celles pour qui leur entrée dans le monde, quel qu'il soit, n'est plus qu'un vague souvenir. Quand aux hommes, il leur ouvrira une porte sur le mystère féminin. Vraiment un livre à lire, qui que vous soyez.