L'histoire vraie d'un journaliste-alpiniste, embarqué dans une expédition sur l'Everest qui vire à la catastrophe. Fascinant. Je ne connaissais rien à l'alpinisme et j,'ai découvert que:
1,on ne monte pas en haut de l'Everest comme on monte en haut de la tour Eiffel. Même pour des alpinistes expérimentés, il faut des semaines d'adaptation à différentes altitudes; le corps souffre, endure et l'on est pratiquement à bout de souffle et au bout du rouleau, lorsqu'on entame la dernière étape de la montée, la plus périlleuse. Le manque d'oxygène nous affaiblit autant mentalement que physiquement et Krakauer évoque ses facultés mentales réduites à celles d'un enfant de cinq ans, alors qu'il faudrait être à 200% pour résister aux conditions extrêmes et prendre les bonnes décisions.
2,j'ai découvert aussi que certains croient pouvoir gravir l'Everest comme on monte en haut de la tour Eiffel! Ils "se paient" ce sommet, qui devient alors une autoroute un jour de grands départs! A un moment donné du récit, Krakauer doit faire la queue (sic) pour franchir certains passages!
3,du coup, les conditions d'ascension sont encore plus risquées, les amateurs mettant en danger la vie de tous. Comme tout ceci est devenu un véritable commerce, certains guides, craignant la concurrence, prennent de plus en plus de risques pour faire parvenir leurs clients au sommet.
4,comble de tout, "le toit du monde" est une véritable décharge à ciel ouvert: bouteilles d'oxygène abandonnées...
5, alors, si la météo s'en mêle,(s'emmêle?!) une expédition peut vite tourner au drame. Car l'Everest n'est pas seulement jonché de détritus, mais aussi de cadavres qu'on ne peut ramener. Ce que raconte l'auteur, ce sont huit alpinistes, dont deux guides, morts en vingt-quatre heures, des décisions terribles à prendre, impliquant l'abandon de personnes mourantes sur place car les redescendre mettraient d'autres vies en péril, des sauvetages in extrémis, d'autres impossibles, le retour d'un "mort-vivant", des amputations...
6,après un tel drame, il faut se reconstruire, vivre avec la culpabilité, les questions sans réponses, les reproches. Et on sent tout le poids que Krakauer doit aujourd'hui porter.
Un livre qui vous hante.