Au feu Baudelaire et consorts, laissez la place à Tragédie (notez au passage la parfaite pertinence du titre de l'album). Alors, tragédie antique ? Certainement. Car c'est avec un talent certain que ces jeunes hommes à peine pubères ont réussi, en quelques phrases bien ciselées, à synthétiser les plus grandes oeuvres tragédiennes grecques.
J'en veux pour preuve la chanson Sexy pour moi", dont l'apparente déchéance syntaxique souligne le propos empreint de souffrance du jeune homme : "Faut que ça balance, en rythme et en cadence, faut qu'à chaque fois qu'j'y pense, ça me mette en transe, Oh oh oh oh oh oh... Il faut que ça soit chaud, c'est toi qui fait mon show, je veux que tu danses Sexy pour moi!" Arrêtons-nous un instant sur cette dernière phrase. Dans le langage courant, ça ne veut strictement rien dire. Oui, mais là, l'auteur n'en peux plus, il faut que ça soit chaud, vous me suivez ?
C'est de l'érotisme dissimulé pré-adulte, c'est de l'Oedipe version 2000, c'est révolutionnaire.
Voyons plutôt Hey ho, leur plus grand succès : "Est-ce que tu m'entends hey ho ! Est-ce que tu me sens hey ho ! Touche moi je suis là hey ho! ho ho ho ho ho ho". Tout est là, l'enfant s'est fait homme (mais il est toujours un peu sous pression hein, faut pas déconner!)
Mais le point d'orgue se situe davantage dans la chanson Sexy pour moi. Revenons-y un instant : "Je sais mon style tu le testes, mon flow mon feeling tu le saignes".
Oui... Parce que les tragédies, ça finit toujours mal, même si on ne comprend pas très bien en quoi.