La lecture de ce livre sur Kubrick, cinéaste admirable, se révèle laborieuse et vite lassante. L'auteur y démontre certes un indéniable sens de la formule, ainsi:
"L'art de Stanley Kubrick, tel l'enfant de Shining, aimait revenir sur ses propres traces, comme il aimait parcourir, à l'envers, toute l'étendue du classicisme, qu'il estimait inépuisable. Chacun de ces retours épuisait un instant la forme classique, puis la restituait comme neuve, indiquant, au passage, que le débat sur la fin de l'art était achevé, qu'il n'était plus nécessaire pour créer de se déclarer post-moderne. En parcourant comme par deux fois l'horreur d'un même chemin, en neutralisant toute trace implicite ou convenue, Kubrick suggérait que le fatalisme de la répétition n'existait qu'autant qu'on se subordonnait soi-même à une sorte de fatalité démiurgique." (p. 135)
Le principal reproche, selon moi, reste qu'une analyse fouillée des oeuvres filmiques est totalement (et incompréhensiblement) absente de cet ouvrage. Les films de Kubrick ne sont tout compte fait que de lointaines sources, servant le propos "pessimiste" de l'auteur. Qui plus est, aucune citation de Kubrick n'est référenciée en note ou index. L'étudiant en cinéma que je suis, demanderait que tout livre sur le 7e art parte d'une analyse d'un film, voire d'un corpus de films, qui est "ce par quoi" on découvre, on pénètre la pensée du cinéaste.