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Traité de l'efficacité
 
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Traité de l'efficacité [Poche]

François Jullien
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Descriptions du produit

Idées clés, par Business Digest

L'efficacité en Occident s'oppose en tout à l'efficacité en Chine.
La première cherche à atteindre directement par une action volontaire un objectif fixé d'avance. La seconde évalue la situation puis l'oriente de façon à ce que le résultat se produise spontanément.
L'efficacité en Chine repose sur la transformation et la manipulation.
Faisant évoluer le rapport de force en sa faveur, le stratège chinois manipule les forces en présence. Il s'appuie sur la propension des choses, il se sert de ce que lui offrent les circonstances.
La guerre et la diplomatie illustrent parfaitement la pensée de l'efficacité en Chine.
Le stratège manipule ses troupes et ses adversaires pour gagner la bataille sans avoir à la livrer, comme le prince manipule ses sujets pour que le pouvoir lui revienne naturellement. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Business Digest

La Chine est à l'ordre du jour. Le géant endormi commence à bouger. Et nous sentons confusément que nous serons tous concernés. Quel modèle de société, forcément original, émergera de la combinaison des technologies modernes, que la Chine importe avec avidité, avec des fondements philosophiques aussi différents des nôtres ? Et à quelle vitesse va-t-il s'implanter ? Personne ne le sait, à commencer par les dirigeants chinois eux-mêmes pour lesquels ces interrogations, typiquement occidentales, sont probablement sans objet... La plongée minutieuse de François Jullien aux racines de la pensée chinoise permet de comprendre pourquoi.

En comparant de manière systématique l'efficacité chinoise et l'efficacité occidentale héritière de la pensée grecque, il nous rend explicite le modèle (but, idéal, volonté) dans lequel nous opérons. Et en quoi, finalement, par son côté «artificiel», «spectaculaire», «héroïque», il apparaît infiniment plus consommateur d'efforts que son homologue chinois dans lequel l'effet résulte, en quelque sorte «naturellement», du potentiel accumulé dans les situations, qu'il convient de façonner et d'exploiter à son profit. Chacun des deux modèles a sa cohérence propre, mais il y a beaucoup plus de passerelles entre eux qu'il n'y paraît. Il est fort probable, par exemple, que la lecture des stratèges chinois, et notamment Sun Tzu, ait d'ores et déjà fortement influencé l'art militaire occidental. Notre modèle d'efficacité règne aujourd'hui sans partage sur le monde développé. Il a permis l'avènement de l'ère industrielle et a façonné nos sociétés.

Mais comment s'adaptera-t-il à l'ère post-industrielle ? Dans les entreprises, aux prises avec un environnement de plus en plus turbulent et un jeu concurrentiel de plus en plus imprévisible, la planification cède le pas à la réactivité et à la navigation à vue. Le modèle Taylorien d'organisation, hier la panacée, vole en éclats sans que n'apparaissent encore clairement les modèles alternatifs. En somme, le «but», pierre angulaire de notre pensée de l'efficacité, devient de plus en plus rebelle à la formalisation et à la modélisation.

En matière de changement : «Le chemin compte autant que le but» avons nous déjà coutume de dire. Une première concession, involontaire, au modèle chinois ? Il est en tous cas, pour nous, consultants en management, une notion qui ne peut nous laisser indifférents : celle de «potentiel de la situation». Notre pratique professionnelle consiste à aider les entreprises à réussir les projets de transformation de leurs organisations.

Ce qui nous amène à nous interroger fréquemment sur le type de stratégie de changement à mettre en oeuvre. Depuis quelques années, une mode, née aux États-Unis, tend à privilégier les stratégies de rupture. De telles opérations de changement radical et massif consistent, le plus souvent, à plaquer sur des situations peu ou mal analysées (pourquoi perdre son temps à analyser des situations qui, de toutes les manières, vont être profondément modifiées ? disent les tenants du «reengeneering») de «bonnes pratiques», généralement importées de l'extérieur de l'entreprise. Elles sont la quintessence de l'approche occidentale, aux antipodes de la pensée chinoise. Parfaitement justifiées dans des situations d'urgence qui n'ont pu être anticipées, ces stratégies sont, le plus souvent, inutilement déstabilisantes et risquées. Dans bon nombre de cas, il est certain qu'une analyse approfondie de la situation de départ, de sa dynamique, des solutions dont elle est porteuse, aurait permis d'adopter des stratégies de changement plus progressives. À la chinoise en quelque sorte !

Mais comme le met en évidence François Jullien, cette efficacité par transformation, par régulation, exige un «temps long, un temps lent». À une époque qui valorise tant la vitesse, ce temps long, nous ne l'avons pas toujours, ou du moins nous avons l'impression de ne pas l'avoir. Car ce temps long n'est-il pas finalement le temps des hommes ? Un temps qui s'accorde de plus en plus mal avec le temps accéléré de l'évolution technologique, des marchés, de l'économie... -- Jacques Jochem -- --Ce texte fait référence à l'édition Broché .

Présentation de l'éditeur

François Jullien enrichit notre conception de l'"efficacité" en confrontant la notion occidentale et la notion chinoise. A la difficulté européenne à penser l'efficacité s'oppose l'approche chinoise de la stratégie : quand l'efficacité est attendue du "potentiel de la situation" et non d'un plan projeté d'avance, qu'elle est envisagée en termes de conditionnement et non de moyens à fin, de transformation et non d'action, de manipulation et non de persuasion, "l'occasion" à saisir n'est plus alors que le résultat de la tendance amorcée et, comme le dit un sage chinois, le plus grand général ne remporte que des victoires "faciles", sans même qu'on songe à l'en louer.
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