Pour se renflouer financierement, Yann Calec va accepter un poste en Indochine où il transportera du matériel pour l'armée française. Ayant promis à un ami d'essayer de retrouver son fils disparu dans ce coin d'Asie, Yann partira aussi sur les traces de son père mort quelques années auparavant en Indochine.
Il est rare que j'achète des volumes d'intégrales, mais la couverture de celui-ci est très réussie ( cependant pas très représentative des trois albums: Escale dans le passé, La sale guerre, Le trésor du Tonkin, qui se passent majoritairement à terre). D'ailleurs cette superbe série n'est pas facilement disponible (en albums et en intégrale). Manque de succès commercial? Le titre de la série n'est peut-être pas assez suggestif? En plus de faire une économie, cette intégrale est très belle avec en bonus de magnifiques crayonnés ou photos d'époque.
Ce troisième cycle est un chef-d'oeuvre. Les paysages d'Indochine sont merveilleusement dessinés, les femmes aussi. Tous les passages en flashbacks sont en sépia ce qui évite de s'égarer dans l'histoire assez complexe (rien n'est jamais simple en Asie!). J'ai énormément appris de cette époque que je connais mal, la guerre d'Indochine n'ayant jamais été un sujet très bien traité dans l'histoire de France (c'est un euphémisme!). Un gros travail de documentation a été effectué par les auteurs, autant au niveau politique, qu'ethnologique ou simplement géographique.
Le héros Yann Calec n'est presque ici qu'un témoin tant il subit son passé et l'atmosphère étouffante de cette guerre perdue d'avance. Les personnages sont très réussis: Les Durant-Durand, jumeaux flics véreux-pourris (toute ressemblance...), Lucien Bodard dans son propre rôle où celui de Michaël Lonsdale dans celui d'un planteur de caoutchouc (les plus observateurs reconnaitront la Castafiore et sa camériste Irma dans l'aéroport de Saïgon).
Les deux héroïnes indochinoises sont bien tournées (ces courbes!) et les couleurs sont comme à leur habitude superbes. Encore un sans faute pour Kraehn et Jusseaume.