"Il [l'auteur] est, dans la lignée de Didier Daeninckx ou de Jean Amila, un raconteur engagé d'histoires nécessaires." raconte la quatrième de couverture...
Alors oui, Pécherot est engagé dans son récit de la première guerre mondiale, des attentes, de la sape, des bruits, des odeurs, de la vie dans les tranchée... Sans tomber dans l'exagération, Patrick Pécherot trouve le ton juste pour nous écoeurer un peu plus des atrocités qui y ont été commises, et cela par de simples descriptions, sans excès, avec pudeur, en excluant de son discours toute propagande déplacée, notamment lors du passage de l'échange Tabac / Chocolat entre les premières lignes françaises et allemandes, nous rappelant que l'horreur de la guerre s'est invitée dans les deux camps et en n'omettant de pointer du doigts les vrais responsables des massacres de Verdun. Alors oui cette partie est une grande réussite, un très beau témoignage... le problème est que sur la couverture est également inscrit "Policier".
"Le lieutenant Landry est assassiné d'un coup de baïonnette dans le dos lors d'une offensive. Les soupçons se portent immédiatement sur le soldat Jonas, surnommé Tranchecaille, avec qui il a eu une altercation peu auparavant et que tout incrimine. Le capitaine Duparc, assisté du Caporal Bohman, est chargé de la défense de Tranchecaille".
L'idée est intéressante, de mêler récit de guerre et enquête policière. Le souci est que jamais le lecture n'aura la moindre chance d'y jouer un rôle. On a l'impression d'être prisonnier, de n'avoir pas le droit de participer aux réflexions de Duparc, les multiples flash back, l'approximation volontaire des récits de permission nous en interdisant la possibilité.
De plus, les descriptions - très réussies - nécessaires à l'engagement de l'auteur, ralentissent dramatiquement la progression du récit. Alors quand l'histoire s'achève, non sans émotion, on a l'impression d'avoir lu un grand témoignage mais certainement pas un bon polar...