Trans Europa Express est l'album de Kraftwerk que j'ai le plus écouté et celui que je trouve le plus riche. Bizarrement, je n'aime guêre la face 1, à l'exception de Europe Endless, le titre qui ouvre le disque avec ses vocoders métalliques. Ce qui fait l'essentiel du disque figure sur la face 2 et je crois qu'aucune musique n'a restitué mieux que TEE le côté à la fois hypnotique et nauséeux des longs voyages en train.
Tout commence par des mélodies élégantes et dramatiques propulsées par une rythmique implacable puis viennent les voix, non déformées, en français, anglais et allemand, qui décrivent le voyage, de Paris à Vienne. La rythmique devient obsédante, presque étouffante, elle envahit même tout l'espace durant Metal on Metal puis vient la délivrance, le bout du voyage à la fin de la nuit. Le morceau qui suit, Franz Schubert, semble reprendre la 8ème symphonie, inachevée, là où Schubert l'avait laissée. Tandis que les séquencers tissent une sorte de ritournelle électronique, des orages acoustiques déchirent les enceintes et viennent peindre des paysages centre-européens, à la fois tragiques et beaux. Le disque se clot sur des voix métallisées sans fin...
Publié en 77, année à marquer d'une pierre blanche, Trans-Europa-Express demeure d'une incroyable modernité. Il n'est sans doute pas un disque facile à écouter, mais la beauté mérite bien un peu de don de soi...