Le premier album "Transcriptions" (2003) avait révélé Accentus et Laurence Equilbey, avec leur unité de conception pour des transcriptions chorales variées. Avec ce CD (2006), l'ensemble renouvelait ce choix initial en honorant Vivaldi, Bach, Schubert, Wagner, Mahler, Debussy, Ravel, Scriabine, et Prokofiev. Dès la plage 1 ("L'Hiver", des "Quatre Saisons" de Vivaldi), - avec soutien instrumental -, nous sommes conquis. Accentus nous livre des plans sonores stupéfiants sur le plan choral. Rien à voir avec l'original baroque : nous sommes plongés dans un autre univers, quasi intemporel ; une grande réussite, sonnant presque comme de la musique sacrée. Les transcriptions de Schubert sont magnifiques et très émouvantes : notamment "Litanei" (plage 2), et un extrait de "Der Tod und das Madchen" (plage 6). Le "romantisme allemand" devient ici universel. Il y a aussi cet extrait bouleversant (plage 3) de la cantate "Alexandre Nevsky" de Prokofiev : "Le Champ des morts" : chant de désolation et de recueillement. On a le même ressenti et la même qualité d'interprétation avec "Im Treibhaus" (plage 5) de Wagner, extrait d'un des "Wesendonck Lieder" (une des bases du futur opéra "Tristan et Isolde"). Et il y a la superbe interprétation du "Des pas sur la neige" de Debussy (plage 13) ; sans doute la page la plus onirique, éthérée. Et les Ravel (plages 14 et 15, puis 18 et 19) ! Etc. Les derniers "puristes" (hostiles aux transcriptions) ne se sentent-ils pas désarmés définitivement par tant de beauté mélodique et de maîtrise vocale ?