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5.0 étoiles sur 5
Mr Reed & Mr. Jones, 1 février 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Transformer (CD)
Lou Reed est un sale type. Quelqu'un d'humainement infréquentable et indéfendable. Mais il a du talent. Beaucoup de talent. Pour écrire des chansons. Et signer des textes, parmi les plus sulfureux jamais mis en musique. Avec le Velvet Underground, il a laissé une des oeuvres les plus cruciales du rock.
Mais au début des années 70, personne ou presque ne connaît les disques du Velvet Underground, qui n'a guère survécu à son départ en 1969. Lou Reed a sorti un premier disque solo, une des pires ventes de sa maison de disques RCA. Lou Reed est un has-been anonyme à même pas trente ans.
En 1972, en Angleterre, David Bowie triomphe avec son « Ziggy Stardust », déposant les statuts du glam-rock ... Bowie est un vampire, s'abreuvant du talent des autres pour créer sa propre légende. C'est un fan de Warhol, du Velvet et de Lou Reed. Et surtout un gars qui a toujours renvoyé l'ascenseur. Signé lui aussi par RCA, il propose donc à sa maison de disques de travailler sur le prochain de Lou Reed, qui, on ne sait trop pourquoi, accepte. Bowie se pointe en studio pour produire le disque, emmenant dans ses bagages son guitariste Mick Ronson et le producteur de « Ziggy Stardust » Ken Scott...
Connaissant la bonne humeur légendaire de Lou Reed, on imagine l'ambiance. Le résultat de ces séances, « Transformer », sera un des meilleurs disques de Lou Reed, et son plus gros succès commercial. Il faut dire que la fine équipe a fait fort. Difficile de dire qui du Maître ou de l'élève surdoué a le plus pesé sur le résultat final. Lou Reed a écrit les textes et la musique et les Anglais ont échafaudé un improbable écrin sonore mélangeant stridences urbaines du Velvet, ambiances cabaret décadent, et paillettes auditives glam.
« Vicious » et son tempo lourd ouvrent les hostilités avec un Lou Reed qui assume sa voix inexpressive et va même lui faire supporter tout le poids de la mélodie. Une chanson dominée par l'Américain. « Satellite of love » est aussi du pur Lou Reed, avec sa mélodie dérivée du doo-wop, le drolatique intermède « New York conversation » aussi.
On peut supposer que les British sont pour beaucoup dans le son du « Hangin' round », boogie très voisin du « `Round & `round » de Chuck Berry repris par Bowie lors des séances de « Ziggy Stardust ». « Just a perfect day » avec son intro au piano ressemble par sa construction à « Lady Stardust », et « I'm free » typique tournerie glam, repose sur la guitare très reconnaissable de Ronson.
Tout cela ayant du donner lieu à des ratiocinations interminables autour de la console. Les autres titres témoignent davantage de trouvailles communes, « Andy's chest » hommage (c'est pas vraiment le genre de la maison) du bout des lèvres de Reed à son ancien Pygmalion Warhol, « Make-up » et « Goodnight ladies » par leurs ambiances très « Cabaret » (le film) préfigurent « Berlin » et abordent des rivages sonores jusque-là inexplorés par les protagonistes.
Enfin, « Walk on the wild side » et son évocation de la faune interlope que côtoyait Lou Reed à New York vaudra à l'Américain son plus gros succès commercial, un bon classement dans les hit-parades, et un gros paquet de dollars quand les rappeurs de A Tribe Called Quest reproduiront sa célébrissime ligne de basse pour leur « Can I kick it », énorme succès aux USA en 1991.
Après l'enregistrement, la suite sera conforme à ce qu'on peut attendre de Lou Reed. Il épanchera son fiel en remarques assassines sur Bowie, minimisant son rôle, l'accusant d'avoir dévoyé son disque, et autres joyeuses amabilités du même genre. Le même sort sera d'ailleurs réservé à quiconque (à de très rares exceptions près) travaillera avec lui ou reprendra ses chansons.
Reste le résultat. « Transformer » fait avec « Berlin » et le tardif « New York » partie du trio des meilleurs disques de Lou Reed (ceux du Velvet sont hors-concours).
Indispensable...
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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
le chef-d'oeuvre du glam-rock, 9 juillet 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Transformer (CD)
"Transformer", publié en 1972, est un album à part dans la discographie de Lou Reed. Pourtant, on réduit trop souvent la carrière solo du poète new-yorkais à ce seul disque, et au tube universel qu'il contient, le fameux "Walk on the wild side". L'histoire de ce monument du rock reste très insolite. En 1972, Lou Reed est au creux de la vague, et peu nombreux sont ceux qui se souviennent de ses exploits à la tête du Velvet Underground, dont il fut le leader quelques années auparavant. Parmi eux, un fan, et pas n'importe lequel, se souvient de ce groupe culte sulfureux: le grand David Bowie, qui, en mécène du rock, va proposer à Lou Reed de produire son come-back. Celui-ci, qui n'a plus rien à perdre, remet son destin entre les mains de Bowie et de son guitariste, le génial Mick Ronson. De cette rencontre providentielle naîtra "Transformer", album placé sous le sceau du glam-rock, mouvement né au début des seventies, et qui tend à redonner au rock toute sa simplicité, en réaction à l'exubérance du rock progressif et des guitar heroes apparus à la fin des sixties. Ainsi, ce nouveau Lou Reed retrouve la grâce mélodique et les fondamentaux du rock, en alternant morceaux puissants (Vicious, Hangin round), ballades magistrales (Perfect day, Satellite of love) et perles jazzy (Goodnight ladies), mélangés à des textes décadents et provocateurs, qui évoquent le New-York interlope, celui des prostituées, des junkies et des travestis. Si le glam-rock a accouché de quelques chefs-d'oeuvre comme "Ziggy Stardust" de Bowie et "Electric warrior" de T.Rex, "Transformer" reste le modèle du genre, grâce à des chansons très homogènes et à la voix magnifique de Lou Reed. Celui-ci se servira de ce succès pour tenter de nouvelles aventures: hard rock (Rock n'roll animal), musique concrète (Metal machine music), folk-rock (Coney Island baby), jazz-rock (The bells), jusqu'au blues-rock racé de l'album New-York...
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16 internautes sur 18 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
le lou reed insipensable, 3 février 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : Transformer (CD)
s'il est un lou reed à posséder, c'est lui-là...
Son meilleur album à en croire la critique et ses fans, directement dans la lignée du velvet underground... (Beaucoup de chansons de l'album n'avaient pas été acceptées par le groupe, et il les reprend ici pour débuter sa carrière solo)... C'est sur l'initiative de D. Bowie, que lou Reed va accepter cet enregistrement, alors qu'il parcourait les USA en tournée dans les clubs américains... Il reste à ce jour son album le plus abouti, avec entre autres le tube Walk on the wild side, mais encore satellite of love, perfect day, et d'autres encore... Un de ses deux essentiels avec BERLIN...
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