Si l'on s'amuse à comparer les deux derniers albums de l'usine de la peur avec Demanufacture et Obsolete, on est surpris de voir que l'évolution du groupe est significative. Il y a manifestement eu une rupture assez violente coïncidant avec le départ de Dino Cazares, l'ancien guitariste. En effet, dans la lignée d'Archetype, on retrouve sur ce « Trangression » une approche musicale assez similaire. Il y a tout d'abord un abandon quasi-total des samples de bruitages/BO sci-fi et des boîtes à rythmes. Ensuite, même si l'on retrouve la même patte Fear Factory sur pratiquement chaque morceau (à savoir le batteur qui suit les riffs du guitariste à la grosse caisse), il semble que le groupe ait définitivement abandonné tout rapport avec la techno pour se tourner à fond les manettes vers une forme évoluée, émotive et transcendée du death metal qui incorpore dorénavant de plus en plus de rock n' roll.
Alors c'est bien gentil tout ce blabla, mais la question que vous vous posez c'est : est-ce que c'est bien ? Le point qui fait plaisir c'est que Fear Factory est en évolution. Pour la première fois dans l'histoire des 4 de L.A., il y a des solos ! Ensuite l'utilisation de l'aspect mélodieux du groupe semble beaucoup plus naturelle que par le passé. Fini le temps des cris gutturaux auxquels succédaient des chants de pleureuse à la Björk. La construction des morceaux est meilleure que sur Archetype. L'innovation se fait sentir sur des morceaux comme New Promise, où le groupe trouve une vraie symbiose entre le penchant lyrique de la voix de Bell et le côté bulldozer de la rythmique FF. Contagion et Transgression sont d'autres beaux exemples de cette belle combinaison des atouts que possède FF. Echo of my scream et Supernova sont de loin les compositions les plus originales, la première une balade envoûtante de 6 minutes, la seconde une très bonne chanson aillant flirter avec le rock, la pop et qui s'appuie sur la puissance d'Herrera, le batteur. On note bien aussi un bon premier titre, 540,000° Fahrenheit, très accrocheur, et puis pas grand-chose d'autre : une reprise de U2 qui sonne bien mais qui ne bonifie pas réellement l'album, et un peu de remplissage sur les autres titres. Au final un bon album, un son moins grailleux et plus rond que sur Archetype, de nouvelles idées qui fleurissent ici et là. On espère au moins aussi bien pour le prochain...