Les intouchables du Penjab ayant migré dans les années 800-900 sont devenus les Tsiganes ou Roms après avoir traversé toute l'Asie et le Moyen Orient. Etablis en Espagne ils sont à l'origine du flamenco qui a donc ses racines en Inde.
C'est l'idée maîtresse qui a permis de donner naissance à cet album. En joueuse virtuose de sitar Anoushka Shankar explore ici les liens entre la musique indienne et la musique espagnole du flamenco et, comme elle le dit elle-même, elle a toujours été attirée vers ce qui dans le flamenco lui semblait proche de la musique indienne classique. Et elle s'est donc entourée d'excellents musiciens indiens et de l'élite des musiciens de flamenco dont le guitariste et producteur Javier Limón.
J'ai personnellement préféré les titres où elle laisse libre cours à une improvisation pleinement assumée face au piano de Pedro Ricardo Miño comme dans « Buleria con Ricardo » (2) ou face aux voix de comme celles de Duquende (4) ou Concha Buika (10).
Anoushka Shankar a déjà à maintes reprises repoussé les frontières de son art depuis son premier disque en solo en 1998. Le résultat de cette nouvelle approche est une musique fascinante, lancinante, inspirante, envoutante ...
Et c'est bien à la fois d'un album d'innovation et de renaissance qu'il s'agit.
Merci à elle de continuer à nous enchanter, elle la disciple du grand Ravi Shankar, son père.