V.V Brown a tout compris : un zeste de soul , pas mal de pop , un peu de romance et quelques références ... Quarté gagnant ! disque d'aujourd'hui mais capable de plaire aux oreilles anciennes , pour peu qu'elles soient ouvertes .
A part trois titres de remplissage , "Game Over" ( très shakiresque ) "Everybody" et "Bottles" qui ne m'accrochent pas vraiment , l'ensemble est très réussi , tonique et plein de conviction . Pour un premier album , c'est ce qu'il faut . Pourquoi faire semblant d'être vieux et triste à 25 ans ? Tirer la tronche pour être pris au sérieux alors qu'on touche même pas les allocs ... Rock and roll attitude ? Foutaises ! le rock and roll c'est d'abord fait pour danser , et s'amuser ! So let's dance , girls just want to have fun ! Gabba gabba hey !
Et puis la voix est là , exultante de jeunesse et de verve , parfois d'arrogance , ça fait plaisir ! Profonde aussi : sur "Back In Time" on croirait entendre Shirley Basset chez James Bond ( pas ce qu'elle a fait de mieux ) ... superbe technique ! Vanessa sait chanter , ça c'est sûr .
C'est résolument joyeux , son bien carré , un peu trop propre peut - être ( va falloir me salir tout ça ! ) avec juste l'ancrage qu'il faut dans le passé : de la soul légère , assez maligne ( "Shark In The Water" et ses cuivres conquérants ) un petit clin d'oeil aux Shangri - las avec citation au début du titre "L.O.V.E" ( "You best believe I'm in love , VayVee !" ) et le refrain qui part en twist ... Elle s'offre même d'entrée avec "Quick Fix" un petit tour vers le rockabilly latino sautillant à la "Wooly Bully" de Sam the Sham ... et l'orgue - kazou qui rappelle celui du "96 Teardrops" de ? And The Mysterians ... bien joué , fille !
Dans l'ensemble c'est plutôt pop , voire rock , genre Cindy Lauper survitaminée ( "Crying Blood" toujours avec le "kazou" ) et claquements de mains au refrain de "Crazy Amazing" : on pense à Duffy dans ses rares bons moments ou à Amy Winehouse sans peine de coeur ...
Ajoutez à cela deux ballades plutôt réussies : "I Love You" , au début , seule au piano est un peu plombée ( on craint le Carole King syndrome mal assimilé ) puis ça décolle après le premier refrain avec de jolis "ouh ouh" à la Sade . La dernière chanson "Travelling Like The Light" qui donne son titre à l'album , est plus convaincante . Slow typique des sixties avec arpèges en mélancolie et choeurs qui rappellent les voix angéliques des Dixie Cups ... un peu de bruitages ( dispensables ) une batterie lourde et une basse rebondissante complètent ce cocktail frappé bien frais ! Vraiment pas mal ! Hommage et modernité : bravo V.V !
Mention spéciale au titre phare , ce fameux "Leave" qu'on entend à présent partout . Un rock soul évoquant par sa fougue euphorisante , les joyeux débuts d'un Springsteen qui cherchait à faire du Gary US Bonds ( on pense à "Quarter To Three" et son décalque alambiqué "Rosalita" avec sa mélodie en paliers ... ) ... un petit côté Graham Parker aussi pour le côté éruptif . Sacrée performance vocale ! Superbe chanson !
La nana est à suivre !