Alex (Gilbert Melki), comptable, a-t-il perdu la raison ou bien se révolte-t-il contre l'injustice dont il est victime? Toujours est-il que malgré les interdits il a décidé de la braver en fumant au travail ou dans les lieux publics. Un soir, alors qu'il marche dans la rue, il tombe sur un contrôle d'identité qui oppose la police à un couple de jeunes. Alors qu'il ne fait que regarder l'intervention, l'un des flics lui somme de rentrer chez lui. Insistant, Alex finit alors au poste de police où il passe une nuit entière entre les murs d'une cellule crasseuse et malodorante. Le lendemain, échaudé, et alors qu'on vient de le libérer, il refuse de quitter les lieux et réclame de voir le commissaire afin de faire valoir ses droits. En effet, Alex veut savoir pourquoi il a été arrêté. Il est loin de se douter encore dans quel engrenage il vient de mettre les pieds.
Il est emmené en milieu psychiatrique dans lequel on pratique sur lui des examens. Sa femme Béatrice (Sandrine Kiberlain) vient lui rendre visite et signe sans le savoir son admission...
Voilà le début d'une histoire que l'on pourrait juger de réaliste. Qui ne s'est jamais retrouvé devant une police à ce point si sûre de ses droits? Tout d'abord celui de tutoyer les gens. Puis d'en faire ce que bon lui semble. Melki campe de manière simple et juste ce personnage qui doit accepter des règles qui ne sont pas les siennes et qu'il ne comprend pas. Il est aisé de s'énerver devant le comportement de certains (police, contrôleurs, médecins) devant lesquels on réalise l'impuissance de faire valoir ses droits et l'impossibilité d'exprimer sa pensée en totale liberté. Il est effrayant de voir aussi combien certaines institutions peuvent nous dévorer au point de nous faire disparaître aux yeux du monde qui nous entoure.
On réalise aussi et surtout combien la folie est une notion suggestive et qu'elle peut revêtir différents apparats. Une oeuvre intéressante à découvrir et interprétée par d'excellents acteurs, Sandrine Kiberlain et Gilbert Melki en tête d'affiche...