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5.0 étoiles sur 5
un passé qui ne reviendra jamais, 29 février 2008
Deuxième album de Genesis, mais souvent considéré comme le premier véritable du groupe, "Trespass" est sans conteste une belle réussite, au charme fragile autant que venimeux, et baignant de bout en bout dans une poésie aussi étrange que magique.
Assez champêtre dans l'ensemble (à l'exception du tout dernier titre, à la violence toute électrique) mais souvent traversé de montées en puissance aussitôt suivies d'accalmies rêveuses, le disque débute de façon saisissante, juste la voix de Peter Gabriel (sur un fond d'orgue assez léger), qui déclame :
"Looking For Someone" !
Un somptueux premier morceau aux climats changeants, tout comme le premier de la seconde face du vinyl, "Stagnation"... Les autres, c'est d'abord le dramatique et superbe "White Mountain" et ses doux sifflets du plus bel effet, le radieux "Visions Of Angels" et sa belle introduction au piano, enfin le tendre et mystérieux "Dusk" avant le déchaînement final de "The Knife"...
Autant de pièces magnifiques et élaborées, parcourues par les guitares de Mike Rutherford et surtout d'Anthony Phillips (notamment une subtile 12 cordes acoustique), qui seront la base de sa prolifique carrière solo à venir, mais aussi la flûte enchantée de P. Gabriel, les claviers du symphonique Tony Banks (piano, orgue, mellotron), une batterie bien dynamique, un triangle délicat comme la rosée du matin, et puis les voix : celle de PG d'abord, théâtrale, intense, captivante, ainsi que des choeurs doux comme l'écho de fantômes dans la brume ou au contraire éclatants comme une vision des anges, au détour d'un bois en rêve...
A posséder obligatoirement en édition "paper sleeve" (ce qui est mon cas, comme nombre d'albums d'ailleurs, en particulier des années 70), la pochette extérieure comme intérieure étant vraiment splendide.
Mon album préféré de la période Peter Gabriel, juste avant "Foxtrot" et "Selling England By The Pound".
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST, 1 décembre 2010
CHRONIQUE DE HERVE PICART MAGAZINE BEST JUIN 1978 N° 119 Page 44
2° Album 1970 33T Réf : PHONOGRAM 9103102
En un an, énormément de choses ont changé, Genesis a connu une maturation accélérée, il est même devenu parfaitement original et en rupture avec les habitudes musicales de son temps : notre Genesis est né avec « Trepass ». Et l'on n'en finit pas de s'étonner que ce deuxième album ait si peu à voir avec le pâle et timoré « From genesis to revelation ». L'on a récemment redécouvert ce « Trepass » qui, s'il n'est pas du point de vue de sa facture l'un des plus éblouissants de Genesis, est certainement l'un des plus beaux disques pour l'égale joliesse et la délicatesse opalescente de ses compositions. Quant le groupe reprit « White montain » sur scène en 1976 , l'on comprit d'ailleurs que « Trepass n'avait pas vieilli et qu'il avait toujours sa place dans le répertoire de Genesis. L'on est loin d'une oeuvre de jeunesse approximative. « Trepass » est déjà du grand Genesis. Ce qui ne fut pas toujours bien compris à l'époque, parce que sans doute ce disque était trop doux et trop délicat pour vraiment s'imposer décisivement à une critique alors très rock.
Ce disque est très attachant car il possède tout au long de ses deux faces une merveilleuse coloration pastel, vaguement bleutée, tendrement floue, même sur un morceau violent comme « The Knife ». Ses six morceaux sont comme six porcelaines de Delft. Tout y est splendidement coulé, naturel, câlin. Chaque pièce est en soi un petit régal, aucune n'étant en faute ou en retrait par rapport à l'ensemble. Genesis y est enfin lui-même et il use de l'originalité de son caractère pour s'affirmer, mais pas encore d'audaces au niveau de l'écriture musicale, comme ce sera le cas par la suite (seuls quelques breaks un peu tranchés sur « The knife » laissent pressentir les complexités à venir). Le groupe semble comme libéré et l'on découvre que Tony Banks est vraiment un superbe organiste, qu'Anthony Philips et Michael Rutherford ont, par leur dialogues évanescents aux douze cordes, trouvé un son nouveau, que surtout Peter Gabriel possède une voix hors du commun, même si sur « Trepass » il se contente de se servir de l'originalité naturelle de son timbre et ne se lance pas encore dans les acrobaties vocales que l'on sait. Point d'audace encore donc, mais une nature différente et une façon totalement originale de faire sourdre la musique comme un filet de cristal liquide, tel est « Trepass » aux romances d'ether
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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Délicat et subtilement harmonieux, 26 décembre 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : Trespass (Definitive Edition Remaster) (CD)
A peine sortis de l'adolescence, les musiciens de Genesis signe en 1970 leur deuxième album, mais surtout le premier digne d'intérêt. Ils viennent de croiser le chemin du fondateur de la maison de disque Charisma et se voient offrir des moyens techniques à la hauteur de leurs ambitions. Très inspiré, richement mélodique, Trespass est à découvrir ou à redécouvrir. Les délicats arpèges acoustiques d'Anthony Philips et de Mike Rutherford, les superbes accords de piano de Tony Banks et la voix très soul de Peter Gabriel alimentent une ambiance douce et fragile tout juste transpercée par l'électrique dernier morceau "The Knife". A déguster en toute simplicité.
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