J'ai découvert Paul Auster il y a quelques années grace à La Trilogie new-yorkaise. J'ai été très marquée par cette oeuvre qui a une resonance assez kafkaïenne tout en donnant une importance capitale aux concepts d'identité et de liberté.
Ce roman se compose de trois histoires se déroulant à New York.
- La Cité de verre, publiée en 1987, est le premier volume. Le personnage principal, Quinn, est un écrivain de série policière au passé douloureux qui accepte d'être confondu avec un détective du nom de Paul Auster. On lui demande d'enquêter sur un religieux extrémiste qui vient de sortir de prison et qui, selon les dires de sa "cliente" veut assassiner son fils qu'il a torturé durant toute son enfance. L'écrivain va découvrir que cet ancien professeur de théologie tente d'inventer un nouveau langage pour sauver le monde de l'incompréhension ambiante.
- Revenants, deuxième volume du roman, démarre par une filature dans les rues de New York, qui se transforme très vite en quête d'identité. Fat étrange: les personnages n'ont pas de noms mais des denomination decouleur: Bleu, Noir et Blanc. Le détective privé, Bleu, payé par Blanc, doit suivre Noir, qui ne fait rien de ses journées.
- La Chambre dérobée , dernier volume, débute avec la disparition de Fanshawe qui laisse derrière lui son épouse Sophie, son fils Ben et des manuscrits qu'il a confiés au narrateur. Ce dernier va ainsi prendre littéralement possession de la vie de Fanshawe : il publie les manuscrits qui connaîtront le succès, épouse Sophie et adopte Ben.
Cette trilogie est une oeuvre majeure de ce romancier si singulier que je trouve assez fascinant. Ses romans qui oscillent entre le surrealisme, le conte philosophique et le faux polar plongent le lecteur dans un état de rêverie assez mélancolique. Le lecteur suit les personnages en essayant de reconstituer une sorte de puzzle dans une quête étrange de soi-même.
La mécanique narrative associée à une écriture riche et symbolique en font une trilogie fascinante qui pose des questions et provoque des interpretations différentes selon le lecteur. Un roman destabilisant qui tend vers l'absurde.