La vigueur, la fougue, le tragique et l'investissement des trois musiciens font bien ressortir le drame du trio op 67 n°2, musique paroxystique, bouleversante, tendue à l'extrême. Sur ce plan, pas grand chose à redire, et cet enregistrement est de premier ordre, mais, malheureusement, le jeu de Stern a des défauts franchement gênants dans le premier mouvement, où, il faut le dire, sa justesse est approximative (à partir d'un bon tiers à peu près)... Ça n'est pas parce que Stern est une icône du violon qu'il faut ne pas entendre ses baisses de forme. Et c'est ici d'autant plus dommage que l'interprétation globale est magnifiquement sombre. Après ce premier mouvement, les choses vont beaucoup mieux, heureusement, mais on retrouve le même problème pour les toutes dernières notes de l'œuvre... Cet enregistrement est donc à la fois fascinant et décevant...
La sonate pour piano et violoncelle est de facture plus classique, moins tendue, mais elle est belle, notamment par ses deuxième et quatrième mouvements, très accessibles, qui lui valent sa popularité, et surtout le troisième, lent, dépouillé, méditatif, le plus profond de l'œuvre. L'interprétation qu'en donnent Emmanuel Ax et Yo Yo Ma est convaincante et tout à fait recommandable.