| ||||||||||||||||||
Réflexion sur le pouvoir et l'écriture, sur l'irréversibilité du temps qui emporte avec lui, aidé par l'Occident, des civilisations entières, sur le dur métier d'ethnologue... le domaine d'investigation de l'ouvrage est vaste. Le regard de Lévi-Strauss est sans concession mais jamais désabusé ni amer. La passion pour la vérité fait la force de l'explorateur intérieur. --Emilio Balturi --Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Plus encore qu'un livre de voyage, il s'agit cette fois d'un livre sur le voyage. Sans renoncer aux détails pittoresques offerts par les sociétés indigènes du Brésil central, dont il a partagé l'existence et qui comptent parmi les plus primitives du globe, l'auteur entreprend, au cours d'une autobiographie intellectuelle, de situer celle-ci dans une perspective plus vaste : rapports entre l'Ancien et le Nouveau Monde ; place de l'homme dans la nature ; sens de la civilisation et du progrès.
Claude Lévi-Strauss souhaite ainsi renouer avec la tradition du "voyage philosophique" illustrée par la littérature depuis le XVIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, c'est-à-dire avant qu'une austérité scientifique mal comprise d'une part, le goût impudique du sensationnel de l'autre n'aient fart oublier qu'on court le monde, d'abord, à la recherche de soi.
Détails sur le produit
Souhaitez-vous compléter ou améliorer les informations sur ce produit ? Ou faire modifier les images?
|
Mots-clés associés par les clients à ce produit(De quoi s'agit-il ?)Cliquez sur un mot-clé pour trouver les produits, discussions et clients qui y sont associés.
|
|
Partagez votre opinion avec les autres clients:
|
||||||||||||||||||||||
|
Commentaires client les plus utiles
6 internautes sur 6 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
"Il faut beaucoup de naïveté ou de mauvaise foi pour penser que les hommes choisissent leurs croyances...,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tristes tropiques (Broché)
... indépendamment de leur condition. »On attendait le « livre de l'ethnographie », utilisant les grands mythes et les organisations des sociétés primitives de l'Amazonie pour faire ressortir l'artificialité des nôtres. On peut donc être déstabilisé par la première moitié du livre, qui est essentiellement un récit de voyages, désabusé et légèrement nostalgique. Une posture peut-être exagérément pessimiste quant à la civilisation occidentale. Faut-il y voir un zeste de masochisme, ou plutôt l'une des deux branches du dilemme de l'ethnographe? « Ou bien l'ethnographe adhère aux normes de son groupe, et les autres ne peuvent lui inspirer qu'une curiosité passagère dont la réprobation n'est jamais absente ; ou bien il est capable de se livrer totalement à elles, et son objectivité reste viciée du fait qu'en le voulant ou non, pour se donner à toutes les sociétés il s'est au moins refusé à une. » Au fil du récit, on trouve heureusement de plus en plus de moments rares et précieux où Lévi-Strauss se lance au-delà d'un pur récit descriptif vers des analyses à portée plus générale - ce qu'on attendait principalement - comme par exemple le rôle de l'écriture et de la densité de population dans l'établissement de rapports de domination comme socle de stabilité pour les sociétés : « La liberté n'est ni une invention juridique ni un trésor philosophique, propriété chérie de civilisations plus dignes que d'autres parce qu'elles seules sauraient la produire ou la préserver. Elle résulte d'une relation objective entre l'individu et l'espace qu'il occupe, entre le consommateur et les ressources dont il dispose. [...] Ce grand échec de l'Inde apporte un enseignement : en devenant trop nombreuse et malgré le génie de ses penseurs, une société ne se perpétue qu'en secrétant la servitude. » « Si mon hypothèse est exacte, il faut admettre que la fonction primaire de la communication écrite est de faciliter l'asservissement. L'emploi de l'écriture à des fins désintéressées, en vue de tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire, si même il ne se réduit pas le plus souvent à un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l'autre. » Lévi-Strauss partage aussi quelques mythes indigènes (trop peu à mon goût), qui nous permettent de goûter à d'autres représentations du monde : « Quand l'Etre suprême, Gonoenhodi, décida de créer les hommes, il tira d'abord de la terre les Guana, puis les autres tribus. Aux premiers, il donna l'agriculture en partage, et la chasse aux seconds. Le Trompeur [...] s'aperçut alors que les Mbaya avaient été oubliés au fond du trou et les en fit sortir ; mais comme il ne restait rien pour eux, ils eurent droit à la seule fonction encore disponible, celle d'opprimer et d'exploiter les autres. » C'est bien, mais j'aurais aimé plus d'analyses comparatives de nos propres traditions et croyances, faisant ressortir leur fonction profonde, comme la croyance au Père Noël : « Ce n'est pas seulement pour duper nos enfants que nous les entretenons dans la croyance au Père Noël : leur ferveur nous réchauffe, nous aide à nous tromper nous-mêmes et à croire, puisqu'ils y croient, qu'un monde de générosité sans contrepartie n'est pas absolument incompatible avec la réalité. Et pourtant, les hommes meurent, ils ne reviennent jamais ; et tout ordre social se rapproche de la mort, en ce sens qu'il prélève quelque chose contre quoi il ne donne pas d'équivalent.» Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
43 internautes sur 48 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Ethnologie et réflexions philosophiques sur la société,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tristes tropiques (Poche)
Si ce livre a comme base principale les débuts de C.Levi-Strauss en tant qu'ethnologue et ses premières expéditions au milieu des terres brésiliennes à la recherche de différents peuples indiens, afin d'étudier leur modes de vie, l'auteur revient également, et parfois relativement longuement, sur d'autres expériences vécues en Indes, qu'il confronte à divers moments du livre aux civilisations primitives du Brésil et à la civilisation occidentale.Il y a en effet, tout au long du livre, une longue réflexion sur la société et l'humanité, sur son évolution, voire sa décadence (difficile de ne pas noter une grosse note de pessimisme dans ce livre). Il ne s'agit pas d'une critique moraliste sur l'occident qui détruirait tout, mais d'une réflexion philosophique beaucoup plus globale sur la manière de laquelle l'humanité évolue inéluctablement. Et C.Levi-Strauss s'appuie sur ses études ethnologiques (sa véritable vocation; il a fait à la base des études de philosophie) pour répondre à ses questionnements philosophiques sur l'origine et surtout le devenir de l'homme. Le livre ne conclue d'ailleurs pas du tout sur les indiens du Brésil, mais sur le bouddhisme, l'hindouisme, l'islam et le christianisme qui ont façonné et façonnent les sociétés actuelles. N'attendez donc pas un livre d'aventures; C.Levi-Strauss raconte bien quelques anecdotes lors de ses périples, mais cela reste rare dans le livre. Ca ne semble d'ailleurs pas son fort. On comprend juste que ses périples à travers la brousse ou la forêt ont été très durs, mais il ne s'appesantit pas là-dessus, ni d'ailleurs sur ses compagnons de voyage... bref, l'objet du livre n'est pas de faire du sensationalisme sur les aventures extraordinaires d'un occidental à la découverte de civilisations perdues. Le style d'écriture est assez littéraire, le vocabulaire très riche. Il apporte beaucoup de détails qu'ils soient sociologiques, historiques, géographiques, etc ... bref, ce livre fait preuve d'une grande "densité" culturelle, pas toujours facile à suivre d'ailleurs, pour un lecteur ordinaire. C'est donc ce mélange de réflexion philosophique, avec à l'appui des observations très riches en détails qui m'a beaucoup plu. On comprend que la vocation d'ethnologue est, au final, la partie "empirique" d'une étude au final philosophique. Le petit bémol, mais c'est très personnel, est que j'aurais aimé avoir dans ce livre peut-être plus de "légèreté", c'est à dire des descriptions moins sophistiquées parfois, voire plus générales, qui auriaent permis de se représenter plus facilement et mieux les lieux, telles que les villes ou villages traversés. Une dernière chose: pour les personnes qui s'intéressent au Brésil culturel et se demandent si la lecture de ce livre vaut le coup. Je réponds oui, ne serait-ce que les premiers chapitres, pour apprécier l'évolution démographique vertigineuse. Le livre relate une expédition de 1938. Il est écrit en 1955. C'est amusant de voir une "ville" au bout d'une ligne de chemine de fer(et dont j'ai oublié le nom) qui n'a qu'un habitant (un français) en 1938, et plus de 100.000 aujourd'hui. Sans compter Brasilia qui en a plus de 2 millions et dont Levi-Strauss ne fait aucune allusion dans la mesure où il n'y a que de la brousse à cet endroit au moment de l'écriture du livre! Egalement intéressants les descriptions des différentes populations immigrées (italienne, libanaise, ...) qui composent la population. Et bien sût tous les détails historiques. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
7 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Poésie du voyage,
Par cosmopolitaine (France) - Voir tous mes commentaires
Ce commentaire fait référence à cette édition : Tristes tropiques (Poche)
Je suis emportée par la poésie de la pensée et de l'écriture de Claude Levi-Strauss.Je découvre aussi sa lucidité sur notre (nos) civilisation(s), tant sur le plan historique, que sur le plan sociologique et ethnologique. Lisez-le, offrez-le, faîtes-vous du bien et faîtes-en à ceux que vous aimez... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Partagez votre opinion avec les autres clients: Créer votre propre commentaire
|
Commentaires client les plus récents |
|
|
|