A l'heure où il est de bon ton de casser ce groupe, il convient de revenir sur quelques uns de leurs albums qui ont marqué le metal.
En pleine vague grunge, Manowar revient et nous propose... du Manowar: Un album gorgé de testostérone. Mais aussi un album peut-être plus mûr que les autres productions du groupe. Eh oui, en période difficile, il faut se défoncer pour proposer un album de qualité. Car, 4 ans après Kings of Metal, le climat n'est plus le même.
Ca démarre fort avec un titre épique de 28 minutes qui nous emmène du côté des héros de la Grèce antique. Bon, quelques longueurs (dont le solo de batterie de 5 minutes, il faut aimer. Ceci dit, pour les amateurs, ce solo est vraiment particulier.) On passera aussi sur le solo de basse pénible (une habitude, décidément) pour se concentrer sur les parties intéressantes de ce morceau notamment un "Hector's final hour" tout en douceur et le final "Glory of Achilles" qui déboule à 100 à l'heure.
La seconde partie de l'album est, à mon avis, la plus réussie avec des titres aux structures plus classiques. Ca commence par un "Metal warriors" dans la grande tradition des américains avec des paroles ô combien intelligentes (mais le titre est très bon, un peu comme "Kings of Metal", musicalement réussi et lyriquement au ras des pâquerettes). "Ride the Dragon" va très vite, tout comme "Power of thy sword". A ce sujet, c'est sans doute l'album de Manowar qui contient le plus de titres rapides. "Spirit horse of the cherokee" est un superbe titre (on préfère ce genre de paroles !) qui monte lentement en puissance. "Burning" joue aussi la carte de l'atmosphère, alternant parties calmes et parties bien puissantes et "The demon's whip" est un titre en 2 parties, avec un début bien lourd et une fin pied au plancher (c'est le moins qu'on puisse dire !).
Le dernier titre, "Master of the wind" est une très belle ballade, calme d'un bout à l'autre (pas de guitares saturées). Une première pour le groupe.
Notez enfin que cet album a été enregistré par un line-up inédit puisque, aux côtés des piliers que sont Eric Adams et Joey DeMaio, on retrouve David Shankle à la guitare et Rhino à la batterie, qui remplace temporairement Scott Columbus. Et le batteur tient une sacrée place sur cet album !
En 1992, tout le monde crie haut et fort que le heavy metal est mort. Manowar, fidèle défenseur du style, est là pour prouver que non. Et la suite leur donnera raison car, aujourd'hui, ce metal (que l'on appelle bêtement "vrai metal") est toujours là. Par contre, où sont passés les groupes de la vague grunge ?