j'arrive très bien à m'identifier aux (anti-)héros de ces livres et à l'auteur lui-même qui raconte ses déboires dans "Tribulations d'un précaire". Un livre que j'aurais presque pu écrire.
Ils sont trois: D'abord il y a Mitch, le plus sensé, qui bosse dans un supermarché mais passe son temps à fumer de l'herbe. Ensuite Kevin qui après un passage en taule pour avoir cultivé de la marijuana promène des chiens, et enfin Doug, légèrement attardé (à mon avis), qui travaille dans un resto et vit plus dans sa tête à défaut de savoir gérer sa vie.
Ici, il s'agit encore de losers, comme aime à les brosser Levison. Perdus dans une zone industrielle pourrie quelque part au Etats-Unis, où on n'a aucune envie d'y aller même en hiver pour prendre en photo sous la neige le paysage, contrairement à ce que pourrait penser Mitch, l'un des protagoniste. Ces trois gars flanqué d'un boulot pourris qu'ils finissent par perdre, décident de commettre des petits larcins à chaque fois de plus en plus ambitieux.
C'est vraiment très drôle! La scène la plus hilarante restant celle dans le bureau de l'agent de probation de Kevin, je ne peux pas vous en dire plus, je tuerais tout effet. Mais aussi, l'avantage avec Iain Levison c'est qu'il raconte l'Amérique des laissez pour compte, une vision de l'Amérique noire et déprimante qui tranche avec ce qu'on a l'habitude de voir:
Mitch serra les dents. "Moi je me tracasse tout le temps. Pour les putains de factures, pour le loyer, parce que je peux rien me permettre. Je peux aller nulle part, je peux rien faire. Merde, pas même ce que les gens font dans les pubs pendant les matchs de foot. Faire du VTT, voyager, aller à la plage, au concert, en vacances. C'est comme s'il y avait cet immense univers là-dehors, qui se fout de nous, pleins de tout ça, et nous, on n'en fera jamais partie. On peut même pas y goûter un peu, tu comprends? Alors oui, je me tracasse".
Je recommande vivement de foncer l'acheter ou à défaut de l'emprunter!