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Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoievski
 
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Trois Maîtres : Balzac, Dickens, Dostoievski [Broché]

Stéfan Zweig , Henri Bloch
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Du Joueur d'échecs à Combat avec le démon, l'?uvre entière de Stefan Zweig est fascinée par les grandes aventures de l'esprit humain, qu'elles le mènent vers la pensée, l'absolu, l'idéal ou la folie. C'est de la création romanesque que nous parle ici le grand écrivain autrichien, à travers trois géants " du XIXe siècle.Tous trois ont forgé un univers autonome, portant l'empreinte d'une puissante personnalité, avec ses types humains, ses lois morales, sa métaphysique. Chez Balzac, l'élan créateur exprime une volonté de puissance par rapport à la société; chez Dostoïevski, l'affirmation d'un destin tendu entre extase et anéantissement; chez Dickens, l'accord entre un génie individuel et les traditions d'une époque. Chacun incarne ainsi un " type " d'artiste exemplaire.Pénétration psychologique, admiration passionnée, intime complicité d'un romancier avec ses grands modèles, font de Trois Maîtres un chef-d'?uvre critique inégalé. "" --Ce texte fait référence à l'édition Poche .

Détails sur le produit

  • Broché: 310 pages
  • Editeur : Belfond (31 mai 1988)
  • Collection : Littératures étrangères
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2714421725
  • ISBN-13: 978-2714421722
  • Moyenne des commentaires client : 4.5 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (2 commentaires client)
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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile 
Par Latour07 1ER COMMENTATEUR DU HALL D'HONNEUR TOP 500 COMMENTATEURS TESTEURS
Format:Poche
Publié en 1919, cet ouvrage de critique littéraire de trois grands maîtres en littérature, Balzac, Dickens et Dostoïevski témoignent à la fois de la grande profondeur d'analyse psychologique et intellectuelle de Stefan Zweig mais aussi, de sa jeunesse. Zweig n'est pas au faîte de son art. Il progresse dans sa compréhension des astres de l'humanité, des personnalités hors du commun dont il se fera le brillant héraut. Zweig tâtonne, se questionne, interroge, trouve les raccourcis fulgurants du génie qui l'anime. Zweig est un chercheur de vérité. C'est un passionné qui embrase les incendies, fait vaciller les tremblements de terre, souffle sur les ouragans, projette vers des hauteurs insoupçonnées les tsunamis de l'Homme, de ceux qui peuvent témoigner avoir partagé la souffrance de celui qui dira "Ecce homo".

Si bien que grâce à lui, la puissance de ces phénomènes hors normes poursuit son ouvrage.

De Balzac, il décoche ce trait qui vous fend l'armure : "(...) de toute la force de sa monstrueuse volonté, il vise à l'absolu, avec une ambition gigantesque et fanatique, il néglige le détail, le phénomène particulier, la chose isolée et détachée pour ne s'intéresser qu'à l'évolution des masses et pour n'étudier que les rouages mystérieux des instincts primitifs." (p.16)

L'une des forces de ce géant : "Car lui, le magicien de la volonté, transmuait toute choses étrangères en biens propres ; il transmuait le rêve en réalité." (p.34)

Ce portrait porte la marque de celui de Proust ou de Albert Schweitzer dans l'incontournable "Hommes et destins", et de celui de Emile Verhaeren dans "Souvenirs et rencontres".

Si chez Balzac, l'élan créateur exprime une volonté de puissance par rapport à la société (cf. l'excellente présentation de la couverture), Dickens accorde le déploiement d'un génie littéraire avec les traditions bourgeoises, nationales (anglaises) d'une époque (après Napoléon) :

"Ici (...) se réalise dans la vie de la voûte étoilée cette rare seconde où l'ombre d'un astre remplit le disque lumineux de l'autre, si bien qu'ils s'identifient entre eux : Dickens est le seul grand poète du siècle dont les vues intimes coïncident entièrement avec les besoins intellectuels de son époque." (p.57).

"Il voulut sauver [dans les enfants] les quelques fleurs - aux belles couleurs - de la joie enfantine, lesquelles s'étaient flétries dans sa propre poitrine, faute d'avoir reçu la rosée de la bonté." (p.65)

"Dickens a accru gaîté et la sérénité de son époque : il a accéléré le rythme de sa circulation sanguine. (...) [il] reviendra toujours de son oubli, lorsque les hommes auront besoin de gaîté et lorsque, fatigués des tragiques tiraillements de la passion, ils voudront entendre, même dans les choses les plus effacées, la musique mystérieuse de la poésie." (p.90 et 91)

Plus de la moitié de l'ouvrage est consacré à Dostoïevski, à qui il rend un témoignage d'une exceptionnelle force.

"Au premier contact on se croyait en présence d'une oeuvre limitée, d'un écrivain, et on découvre l'infini, un monde aux astres mouvants et dont les sphères résonnent d'une étrange harmonie. Le découragement vous saisit : ce monde jamais on ne le pénétrera entièrement. ce qu'il vient nous offrir, c'est un pouvoir magique trop lointain, une pensée qui se perd dans un infini trop nuageux, pour que sans intermédiaire l'âme puisse contempler ce ciel comme celui de sa patrie." (p.95).

Rappelant, comme pour Balzac, la détresse matérielle, humaine, dans laquelle il a erré, se forgeant par la souffrance, la puissance de son génie :

"Toute la nuit il travaille pendant que dans la chambre attenante sa femme gémit dans les douleurs de l'enfantement. L'épilepsie le prend à la gorge ; la propriétaire non payée réclame son dû : et il écrit "Crime et Châtiment", "L'Idiot", "Les Possédés", "Le Joueur", ces oeuvres monumentales du XIX° siècle, qui ont donné une forme à tout notre monde spirituel" (p.112)

"Dostoïevski triomphe de son destin parce qu'il aime son destin." (p.119) Cette description d'une grande vérité m'a immédiatement projeté dans celle partagée de Soljénitsyne, "L'Archipel du Goulag, 1918-1956", passage, "L'âme dans les barbelés".

Stefan Zweig se questionne sur les êtres décrits par Dostoïevski, des êtres dédoublés dans l'amour (cf p. 190), ravagés par la passion, prenant en introduction ce que les autres écrivains, dans le rapport amoureux, considèrent comme conclusion. Les descriptions sont grandioses. Qu'il aurait apprécié rencontrer René Girard ! L'explication recherchée par Zweig se trouve dans l'exposé scintillant du désir mimétique par Dostoïevski (thème également développé par Shakespeare et Stendhal, auteurs qu'il nomme, à qui il mesure Dostoïevski) dans le désormais classique "Mensonge romantique et vérité romanesque" écrit une lustre plus tard.

Sublime Zweig, toujours aussi riche d'enseignements, exalté par ce qui est grand chez l'Homme, passionné par ses forces, balayant ses faiblesses : voici un grand défenseur de l'Humain.
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20 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
Du Zweig dans le texte 4 avril 2002
Format:Poche
Il est difficile de rester impartial devant un auteur que j'apprécie autant. Je pense que 3 maîtres explique le rôle que Zweig voit dans l'écriture. Son admiration pour Dostoïevski est évidente, ses analyses des oeuvres de Balzac et Dickens sont interessantes. Attention il ne s'agit pas de biographie mais d'analyse littéraire dans cet ouvrage, néanmoins interessant...
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