Parmi les trois couleurs de la trilogie, "Blanc", du point de vue de la photographie pure, est probablement le plus faible; Kieslowski avait dit dans une interview qu'il avait été tenté par le défi de photographier la neige, ce qui est en effet toujours très difficile. Le résultat, même si au dessous du niveau de "Bleu" et de "Rouge", est de toute façon considérable. Mais tout le reste, trame, scénario, musique, dénouement etc. est absolument magnifique. Un humour sombre, souvent cruel, se répand dans tout le film. L'égalité, thème central de l'histoire, nous est montréè par les vicissitudes de Karol, coiffeur polonais qui, dans un concours, rencontre une jeune modèle française; ils tombent amoureux mais une fois mariés et à Paris, lui, chargé par le complexe d'infériorité du citoyen étranger venant d'un pays pauvre et mal à l'aise avec le français, ne réussit plus à faire l'amour avec elle qui bientôt l'abandonne. Resté aussi sans travail, argent et passeport il est contraint de rentrer chez soi en Pologne, et en cachette, comme un réfugié. Dès qu'il se sera remis en selle il pourra songer à la vengeance, mais la surprise est aux aguets parce qu'au fond l'amour n'est pas encore mort... avec une trame plus dense et qui marche plus vite, et peut être un petit moins de poésie, d'introspection et de rêve que « Bleu » et « Rouge », « Blanc » est le film le plus « classique » des trois, mais également génial !