C'est le film de 1956, rien à voir avec celui de 1934, bercé par les chansons de Vincent Scotto.
Disons le tout de suite, c'est un nanar, kitsch, dont le fil conducteur est la recherche de l'amour pour trois matelots, qui finiront par trouver chacun sa chacune, ultime vestige de la trame de l'opérette. Les réalisateurs ont supprimé les chansons d'Alibert, pour les remplacer par des romances consternantes. Et comme il faut des méchants, on insère des espions aussi mystérieux qu'infantiles.
Bon, ceci dit... il reste le reportage sur la marine à Toulon en 1956!
Rien que pour ça, ça vaut le détour, ou plutôt le retour. On voit la préfecture Maritime, celle de la place de la Liberté. Les trois héros sont matelots à bord de "L'invincible" (en qui on reconnait sans peine le Jean Bart). Il y a des séquences tournées dans Chicago, un défilé sur le Boulevard de Strasbourg,la Brasserie Guillaume Tell entrevue au passage.
Il y a la place Puget, avec le glacier Bertrand, le tabac, la pharmacie Vedel.
Dans les séquences tournées à Saint Mandrier, les joutes nautiques, un concours de beautés avec des miss locales. L'immortel Sarvil, présent dans toutes les opérettes marseillaises depuis les années trente, et qui est toujours là, en patron de bar.
Les trois de la marine, ce sont Marcel Merkès, Henri Genès, Jean Carmet. Les deux derniers en font des tonnes en comiques matelots burlesques.
Les trois charmeuses, Colette Deréal, Jeannette Batti, Paulette Merval.
Mais il y a eu des permutations avec la vie réelle. Paulette Merval, compagne à la ville de Marcel Merkès, devient la Dulcinée de Henri Génès; tandis que Jeannette Batti, compagne réelle d'Henri Génès, devient la fiancée de Jean Carmet. Quant à la lumineuse Colette Deréal, journaliste et agent secret, elle succombe au charme du roucoulant Merkès.
Un seul détail a déchiré le coeur de l'ancien scootériste que j'étais: la béquille de la Vespa était la plus facile à mettre en place, mais la belle Deréal, qui en pilote une, la laisse négligemment tomber sur le côté, à chaque fin de parcours, sans la caler.
Et puis, revoir des tenues blanches à parements de manches, des tenues panachées à l'ancienne, des fourgons de police Renault, c'est toute une époque!.