Dites-moi pas que c'est pas vrai : personne pour donner son avis sur (Hallelujah) Trompe le monde, le dernier album des (Hosanna au plus haut des cieux) Pixies, LE groupe. J'ai du écouter ça 3000 fois depuis sa sortie (1993) : c'est toujours le bonheur. Au-delà des souvenirs qu'il m'évoque, cet album de 39 minutes est un bijou, plein de gaieté, de bruit, de surprises. Vous trouverez plus d'inventivité dans les quatre premières chansons de ce chef d'oeuvre que dans tous les albums des (trop nombreuses) hype que la presse veut nous refourguer à longueur d'année. En digne descendants des Ramones les Pixies concoctent des morceaux dépassant rarement les trois minutes, mais qui usent treize accords différents en cent secondes (Trompe le monde), au contraire multiplient les riffs sur les mêmes quatre notes (Alec Eiffel) ou sont deux morceaux en un (The Sad Punk, tiens justement). Le chanteur (le futur Frank Black) étant fan de SF et de David Lynch, les textes parlent notamment d'extraterrestres, car comme le disait Black Francis (RIP), ici-bas, "This ain't the planet of sound !".