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10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Des raisons d'espérer ..., 11 novembre 2009
... Qu'il y ait encore des gens qui font des disques parce qu'ils ont quelque chose à dire, des émotions à transmettre et à faire partager. Et dont on a l'impression que ce ne sont pas des fonctionnaires du show-biz, qui vont au studio d'enregistrement parce que c'est dans le contrat, qu'il faut sortir un disque, faire des clips, de la promo, des concerts ...
Celui-là, Richard Hawley, il y a quelques années que son nom circule, agrémenté de rumeurs favorables ... comme tout le monde. Issu de la galaxie Pulp - Jarvis Cocker sur laquelle il n'y a pas lieu de s'extasier outre mesure, un « Cole's corner » il y a quelques années avait fait parler de lui et déjà ravi quelques (rares) fans.
Et pourtant, ce « Truelove's Gutter », il commence mal, très mal même ... Une nappe de synthé très Tangerine Dream, des gazouillis d'oiseaux pinkfloydiens de plus d'une minute d'entrée, c'est pas vraiment l'idéal. Back to the planantes seventies ? Les choses changent vite quand arrive la voix, grave, profonde, triste, sur une mélodie d'une simplicité et d'une beauté saisissantes, avec un accompagnement musical minimal...
Le second titre « Open up the door » démarre avec une voix et une mélodie qui rappellent par moments le « Forest fire » de l'oublié Lloyd Cole et ses Commotions... jusqu'à ce que se greffent section rythmique, guitare, cordes, orchestre, dans un crescendo sublime. Et là, on commence à se dire qu'on est peut-être tombé sur un grand disque, de ceux que l'on n'oublie pas de sitôt ...
Et la suite confirme, et de quelle manière ... avec toujours des nappes de synthé d'une finesse et d'une classe folles (si si, avec des synthés çà peut le faire ...) qui alimentent un fond sonore minimal, des mélodies d'une pureté pas entendues depuis des lustres (Nick Drake ?), des mille-feuilles d'instruments qui petit à petit se rajoutent quelquefois, comme si Phil Spector ou Brian Wilson étaient derrière tout ça... Il y a même deux morceaux de 10 miutes que l'on se surprend à trouver trop courts, tant il se dégage de tous les titres un feeling impressionnant.
Richard Hawley crée avec ses pop-folks un univers triste, baroque, dans lequel on se sent irrémédiablement aspiré. Bien sûr, à l'image de sa pochette, ce « Truelove's gutter », n'est pas vraiment un disque gai, mais c'est un disque digne, sans compromission mercantile (en langage décodé, on n'est pas chez Radiohead ou Coldplay, ces comptables qui font de la musique ...). « Truelove's Gutter » est la meilleure chose millésimée 2009 qu'il m'a été donné d'écouter cette année...
Conclusion, au choix : les plus désespérés sont les chants ... ou Black is beautiful.
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18 internautes sur 23 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Un supplément d'âme, 5 octobre 2009
Avec l'inaugural EP "Richard Hawley" et le sublime et inusable "Late Night Final",Richard Hawley tutoyait les cîmes de Roy Orbison,Charlie Rich,Rick Nelson mais aussi d'une certaine Northern soul.
Malgré des fulgurances ponctuelles que d'autres chercheront à atteindre toute leur vie,Lowedges,Cole's Corner et Lady's Bridge fleuraient un peu la recette et le ronronnement.
Il manquait dans ces albums néanmoins plus que respectables un petit supplément d'âme qui vous fout le frisson.
Ici le charme opère à plein ...
Il faut dire également que la voix de Richard Hawley est de plus en plus belle,on retrouve la grâce d'un Scott Walker période Scott 4 (l'emphase en moins) sans pour autant tomber dans un easy listening passéiste de superette...
Enfin le sieur de Sheffield décide de prendre son temps et de créer des atmosphères dans la durée (Certains morceaux dépassent les 10 minutes mais on ne les sent jamais comme arrétés dans un petit moment d'éternité)avec une orchestration sur l'os tout dans le dépouillement,un album du soir,d'un crépuscule.
Ici pas de morceau de remplissage,pas de morceau Rockab trop linéaire ou de titre plus faible...
L'ambiance est au mid-tempo et à la contemplation mais aussi à une expérimentation discrète car en effet Richard Hawley injecte à son folk classieux de la scie musicale, ces ondes Martenot familières aux oreilles fidèles à Radiohead, du glass harmonica inventé par Benjamin Franklin.
« C'est une obsession ! Je cherche cette perfection sans cesse. Et je saurai le jour où je l'aurai trouvée, j'en suis sûr... Stardust d'Hoagy Carmichael, c'est fantastique ! Mais en général, la compo elle-même ne suffit pas, le son est essentiel.
Et j'ai réalisé aussi que vous pouvez avoir des paroles, une mélodie et une instrumentation mais aucun d'entre eux n'a la magie de la voix humaine. Juste le son de cette voix. Même s'il lisait le bottin, Nat King Cole serait démentiel. Idem pour Elvis, Roy Orbison, Lee Hazlewood, Fats Domino ou Buddy Holly. » dit Richard Hawley
Tout celà sans même se rendre compte que sa quête de la chanson ultime est atteinte avec des sommets comme For Your Lover Give Some Time,Soldier on,Remorse code et toutes les autres
Peut-être son meilleur album, en tout cas addictif en diable !!!
Il faudra s'en rappeler pour les albums de cette année 2009...
Une grande réussite !!!!!
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8 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
un acte de bravoure ..., 12 octobre 2009
Ça fait déjà une paye que Richard Hawley a fui l'ombre de Jarvis Cocker, la pépite kitsch pulp baroque des 90's. Richard Hawley creuse son propre sillon, il a beau se défendre de se répéter, on ne peut pas dire que son nouvel album va déclencher des foudres de polémique dans le landernau de la critique pop.
Hawley vit en 2009 mais écrit comme on écrivait avant ; avant, quand orfèvre était un métier reconnu, au temps où, par exemple, les Beach Boys étaient grands. ulp
Evidemment, en 2009, la musique de Hawley est bien plus rebelle que si elle n'était produite en 1969 car il fait de la musique comme plus personne n'ose en faire aujourd'hui ; il prend son temps et ses morceaux s'étirent d'ailleurs de plus en plus avec le temps, s'éloignent du format pop pour lorgner un poil du côté du silence à la Hollis (Ah cet album de Mark Hollis, ...)
Hawley n'a que faire des modes et il le deviendrait presque, à la mode où en Angleterre il est entouré d'un (mince) halo de succès populaire ; en France, Hawley n'existe pas vraiment alors qu'on fait des ponts d'or à des artistes moins classieux que lui, Antony ou Rufus W. pour ne citer que ses cousins les plus légitimes ; Richard HAwley creuse le sillon des orfèvres d'antan, celui qu'ont creusé Scott Walker , Roy orbison, Sinatra, et Elvis évidemment.
Ecouter Hawley à la maison en 2009 est l'acte de révolte contre cette époque kleenexisée, l'acte de bravoure de ceux qui n'ont pas peur de chérir des aeuvres intemporelles, de ceux qui n'ont pas peur de vivre à côté de la fureur et de la vitesse. Oui, qu'il est bon de prendre le temps de l'essentiel ; merci à toi, Richard, antidote essentiel au mouvement abrutissant de ce monde qui se mord la queue.
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