Attention, grand groupe américain, évidemment peu connu au pays de la Star Ac' et des fromages qui puent. Originaire de Duluth, Minnesota (comme un certain Bob Dylan), il s'articule autour du couple Alan Sparhawk (guitare, chant) et Mimi Parker (batterie, chant), le poste de bassiste changeant régulièrement de titulaire (Zak Sally ici). Low porte bien son nom et son étiquette de « slowcore ». En effet, il joue lentement et à faible volume sonore. Autant dire qu'on n'est pas là pour rigoler. Après deux albums produits par Steve Albini, le son de « Trust » se fait plus ample et bruitiste. L'album alterne à merveille acoustique et électrique, douceur (« Tonight », « In The Drugs ») et tension (« John Prine », « Candy Girl » et leurs batterie et guitare lourdes comme un ciel d'orages - ô désespoir), morceaux climatiques (« (That's How You Sing) Amazing Grace », « Shots And Ladders ») et titres plus évidents (le single « Canada », un peu plus « pop » que le reste). Le summum de la désolation est atteint sur « Point Of Disgust » et son piano mélancolique, qui tirerait des larmes d'une pierre. Ballades crépusculaires, musique cathartique et ensorcelante, m'évoquant tour à tour une cathédrale (l'album a été enregistré dans une église), une marche funèbre ou les grands espaces de paysages dévastés. A classer entre la noirceur de
Joy Division et la grâce de
Mazzy Star. Toujours actif (ils ont sorti en 2011 leur neuvième opus), Low, en dépit de critiques bienveillantes voire dithyrambiques, n'a jamais pu dépasser le simple succès d'estime et le statut de groupe culte pour public d'initiés. Et c'est peut-être bien mieux ainsi.