Quatrième de couverture
Cinéaste de Taïwan, Tsaï Ming-liang, auteur de Les Rebelles du Dieu Néon (1992), Vive l'Amour (1994), La Rivère (1997), The Hole (1998) est le plus sensuel, le plus délicat, peut-être le plus érotique des jeunes cinéastes actuels qui prend le corps pour une machine, mystérieuse et malléable, étrange et triviale. C'est une oeuvre qui montre le corps dans ses états fonctionnels où on ne fait qu'y ingurgiter des repas, boire, fumer, pisser, vomir, éjaculer.
Films de fuites : fuites d'eau, fuite des corps, disparitions, déliquescence. S'il coule beaucoup d'eau dans ses films (douches, sauna, fuites dans les appartements), elle semble cependant avoir perdu toute vertu de nettoiement. Les personnages ne cessent de se laver, de se doucher, mais aucun soin ne les apaise et la solitude l'emporte toujours : « partir ensemble, mais où ? ».
Dans le cinéma de Tsaï Ming-liang, on se touche très peu, on parle à peine, on s'observe. Et s'il a su le mieux représenter le corps humain en souffrance, c'est pourtant sans renoncer à en rire, rendant ainsi son ceuvre si légère alors qu'il touche à des zones d'ombres si angoissantes.
L'auteur vu par l'éditeur
Jean-Pierre Rehm, Critique d'art, éditeur (éd. RROZ). Professeur d'histoire de l'art à l'École Nationale des Beaux Arts de Lyon, et à l'École Nationale de la Photographie d'Arles. Auteur de nombreux textes de catalogue ; collabore à diverses revues (Trafic, Revue de Littérature générale, Omnibus). - Olivier Joyard, Critique aux « Cahiers du cinéma » . Co-fondateur du collectif "Chambre 125". - Danièle Rivière, Éditrice, cinéaste.